vendredi 6 juillet 2018

Nantes, après la mort d'Aboubakar Fofana, l'exigence de justice et de vérité.

Entre 1000 et 1500 personnes, dont une large majorité d'habitant.e.s du quartier et un très grand nombre de jeunes ont répondu présents à l'appel de la famille et des amis d'Aboubakar Fofana hier soir à Nantes.

Beaucoup d'émotion et de larmes dans le cortège qui pendant une heure a sillonné le quartier avant de revenir devant le pavillon où le jeune homme de 22 ans a été tué d'une balle tirée à bout portant. 

Colère à fleur de peau chez un grand nombre de jeunes serré derrière la famille brisée. Et volonté de se faire entendre pour que justice soit rendue. 

ci-dessous la déclaration publiée jeudi en début d'après-midi par Ensemble!44 :

mardi 12 juin 2018

Blocage des raffineries : stop au double discours !, par la Confédération Paysanne

La FNSEA mobilise donc ses troupes pour défendre les intérêts du groupe Avril, concurrencé par le pétrolier Total, pour capter le marché des agrocarburants. Pour rappel, le groupe Avril importe par an 200.000 tonnes d'huile de palme quand Total à La Mède s'est vu autoriser par l’État la possibilité d'en importer 300.000 tonnes par an. 

Le revenu et l'avenir des paysannes et des paysans ne se jouent pourtant pas devant les raffineries mais dans les cabinets ministériels où régulièrement la FNSEA* demande toujours plus de dérégulation, de libéralisme et toujours plus « d'accès au marché » ! On se souvient notamment de sa position très favorable aux accords de libre-échange avec le Maroc lorsqu'il s'était agi de mettre la main sur la filière huile ! 

samedi 9 juin 2018

Europe, la crise sans fin, par Jean-Marie Harribey, Esther Jeffers, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, économistes, membres d’Attac et de la Fondation Copernic


«Les marchés tremblent» titrait en page intérieure le Monde,le 31 mai. En fait, loin de trembler, «les marchés», c’est-à-dire les milieux financiers, ont décidé de reprendre le jeu spéculatif qu’ils avaient joué contre la Grèce en 2010, en liquidant les actifs italiens en leur possession et en particulier les obligations d’Etat. 

Sans atteindre (loin de là) les niveaux de la Grèce, les taux d’intérêt de la dette italienne s’envolent et les pays considérés comme les plus vulnérables, tels l’Espagne ou le Portugal, se voient aussi touchés. Le scénario de la crise de 2010 semble se reproduire. 

A l’époque, la Banque centrale européenne avait évité le pire en mettant en place le programme SMP (Securities Markets Programme) qui lui avait permis d’acheter 217 milliards d’euros d’obligations d’Etat sur le marché secondaire de mai 2010 au début 2012. Par la suite, Mario Draghi avait déclaré que la BCE ferait «tout ce qui était nécessaire» pour sauver la zone euro et annonçait la mise en place d’un programme de rachat illimité d’obligations souveraines, l’OMT (Outright Monetary Transactions), qui finalement n’a jamais été activé, ce qui n’a pas empêché la BCE d’inonder les marchés financiers de liquidités. 

mardi 5 juin 2018

ZAD, signature de 15 convention, ommuniqué de Copain 44, d'habitant.e.s de la zad, Acipa, Naturalistes en lutte

Aujourd'hui 15 conventions agricoles viennent d'êtres signées sur plus de 170 ha. Celles-ci concernent la majeure partie des terres que le mouvement a mises en culture pendant la lutte contre le projet d’aéroport. Elles se relient à la quasi totalité des lieux de vie encore debout. Ces conventions singulières continuent de se baser sur les liens tissés pendant la lutte et sur la perspective d'un horizon commun. 

L'implication dans chaque projet représente bien plus que les signataires individuels : nous partons toujours des connections entre chaque activité et de la dimension collective de leur mise en oeuvre. 

Six des projets agricoles inscrit dans la démarche commune n'ont pas été jugé immédiatement "conventionnables". Quatre parce qu'ils concernaient des parcelles, considérées comme "conflictuelles". Deux autres parce que l'activité projetée sur les parcelles n'avait pas encore démarré au moment du comité de pilotage de mai. 

lundi 4 juin 2018

Climat, "Si nous ne faisons pas l'impossible, nous devrons faire face à l'impensable! », par Maxime Combes

Un an après la sortie de Trump de l'Accord de Paris, le slogan "Make Our Planet Great Again" de Macron est resté lettre morte" Emmanuel Macron et son gouvernement ont révélé leur véritable nature : prononcer des discours écolos offensifs à l'international et ne pas les mettre en œuvre au niveau national. 

Le 1er juin 2017, le président américain Donald Trump annonçait son intention de faire sortir les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. À peine quelques secondes plus tard, Emmanuel Macron lançait un tapageur et super efficace "Make our planet great again", s'auto-propulsant comme le meilleur rempart international face au négationnisme climatique incarné par Donald Trump. 

À l'heure où l'image compte autant, si ce n'est plus, que les actes, Macron est ainsi devenu l'anti-Trump gardien de l'intégrité de l'Accord de Paris, adoubé par la presse internationale et les faiseurs d'opinion. De New York à Davos, en passant par Saint-Louis au Sénégal, il n'a d'ailleurs manqué aucune occasion pour entretenir cette image flatteuse au cours de l'année écoulée. 

dimanche 27 mai 2018

Marée populaire : plus de 6000 manifestant.e.s en Loire-Atlantique

« Petite marée mais vraie unité », le titre de Presse Océan de ce dimanche matin tape juste. Entre 5 et 6000 manifestant.e.s à Nantes, près d’un millier à Saint Nazaire, cette première marée unitaire n’a certes pas été un raz-de-marée mais bien une journée réussie de manifestations populaires contre Macron et sa politique. 

Même Macron même combat. 

Déterminée et chaleureuse, la manifestation nantaise s’est plutôt bien déroulée compte-tenu de l’émotion causée par la perte d’une main d’un jeune militant présent sur la ZAD de Notre-Dame-des Landes et auxquels nombre de manifestant.e.s ont tenu à rendre hommage en défilant avec une main gantée ou peinte de rouge. 

La solidarité avec la lutte des cheminot.te.s étaient évidemment au cœur de cette manifestation, avec d’abord la présence de nombre des grévistes et la certitude partagée que l’intransigeance martelée par Macron vise d’abord à faire exemple en cassant un secteur particulièrement combatif de la classe ouvrière. Les applaudissements qui ont salué l’intervention du représentant de l’intersyndicale des cheminot.te.s en témoignent. 

mardi 24 avril 2018

« La France rebelle s’est réveillée » – Entretien avec Clémentine Autain

Piles de dossiers entassées dans son bureau, la députée Clémentine Autain nous accueille quelques heures avant son passage dans Zemmour & Naulleau, où elle a croisé le fer avec Marlène Schiappa et les deux polémistes. L’atmosphère est optimiste, la mobilisation sociale bat son plein. L’occasion est bonne pour aborder son nouvel ouvrage sur Mai 68 intitulé Notre liberté contre leur libéralisme qui rappelle les fondamentaux du mouvement et en critique les récupérations. Mais aussi pour discuter de son rôle comme députée et de son opinion sur la stratégie de la France insoumise, et des rapports avec les autres mouvements comme le PCF et Generation.s.  

LVSL – Lors de la dernière élection, Jean-Luc Mélenchon a adopté une stratégie et une esthétique qui ont surpris un certain nombre de militants habitués aux marqueurs traditionnels de la gauche que sont la couleur rouge, l’Internationale, la référence permanente aux « valeurs de la gauche », etc. Que pensez-vous de ces choix ? 

samedi 21 avril 2018

ZAD Notre-Dame-des-Landes : 14 députés européens écrivent à Macron

Bruxelles, vendredi 20 avril 2018 
Emmanuel Macron 
Président de la République 
Palais de l’Elysée 55 rue du Faubourg Saint-Honoré 
75008 Paris 

Monsieur le Président, 

Nous avons écouté avec attention le discours que vous avez prononcé mardi dernier en plénière du Parlement européen. Vous avez, avec raison, souligné l’importance de redoubler nos efforts en termes de lutte contre le réchauffement climatique et en faveur d’une agriculture durable. 

Le changement de nos modes de production et de consommation, est, à n’en pas douter, un levier majeur pour faire face aux crises climatiques et environnementales. C’est pourquoi nous voulons vous faire part de notre attachement aux expériences agricoles novatrices, ambitieuses et soutenables. 

lundi 16 avril 2018

ZAD de Notre-Dame-des-Landes : bourbier, fiasco, parfum de 68.

« Comment sortir du bourbier sur la ZAD ? » interroge sur toute sa « une » le quotidien Presse Océan de ce jour. « L’expulsion de la ZAD tourne au fiasco et les manifestations continent » titrait pour sa part Ouest-France dans son édition dominicale du 15 avril, le journaliste Jean-François Martin concluant ainsi son article « Au bout du compte, après plus de 4 000 grenades tirées, non seulement la situation ne s’est pas arrangée d’un iota mais, au contraire, s’est aggravée par rapport à lundi matin, début de l’opération. Il faudra du temps, beaucoup de temps, pour faire revenir l’Etat de droit dans la ZAD ». 

A ces constats de la presse locale, le Président de la république a réaffirmé « tout ce qui devra être évacué le sera », reprenant à son compte l’échéance du 23 avril, fixée par la Préfète de Région, pour proposer un éventuel projet agricole. 

samedi 14 avril 2018

« Maintenant le Peuple ! Pour une révolution citoyenne en Europe » , appel commun Bloc de gauche, Podemos, France Insoumise

Catarina Martin, pour le Bloc de  gauche portugais, Pablo Iglesias pour Podemos, Etat espagnol et Jean-Luc Mélenchon pour la France Insoumise viennent de signer, jeudi à Lisbonne, ce texte d'accord sur l'Europe.  Nous le publions ci-dessous intégralement.

"L'Europe n'a jamais été aussi riche qu'aujourd'hui. Elle n'a jamais non plus été aussi inégalitaire. Dix ans après l'explosion d'une crise financière pour laquelle nos peuples n'auraient jamais dû avoir à payer, nous constatons aujourd'hui que les gouvernants européens ont condamnés nos peuples à une décennie perdue. 

L'application dogmatique, irrationnelle et inefficace des politiques d'austérité n'a réussi à résoudre aucun des problèmes structurels causés par cette crise. Au contraire, elle a généré une immense souffrance inutile pour nos peuples. 

jeudi 12 avril 2018

Toutes et tous sur la ZAD dimanche midi !

« L’opération est arrivée à un point où tout ce qui était évacuable a été évacué » a déclaré ce midi le Président de la République, après une matinée où les forces de gendarmerie s’étaient essentiellement consacrées à la protection du déblaiement de la trentaine de lieux de vie détruits. 

S’il est difficile, en l’attente d’une déclaration officielle de la Préfète de Région- officielle cheffe de guerre – et alors que les grenades en tous genres pleuvent toujours sur les terres de Notre-Dame-des-Landes, d’affirmer que cette déclaration présidentielle signifie la fin de l’offensive militaire, il apparaît cependant probable que le (pieux) mensonge présidentiel sur la réussite de l’évacuation exprime bien la volonté de sortir de ce qui s’apparente de plus en plus pour le gouvernement à un bourbier politique.

mercredi 11 avril 2018

ZAD, 3ème jour de l'intervention : l'urgence de la solidarité

Ignorant les appels multiples à l’arrêt à un cessez-le-feu, le Premier Ministre a estimé ce matin que cette intervention militaire pour évacuer la ZAD de Notre Dame des Landes «a fait l’objet d’une très grande préparation pour éviter au maximum les incidents» et qu’elle se déroule avec «beaucoup de maitrise». Au vu de l’ampleur des destructions et du nombre croissant de blessés, on croit rêver ! 

Sur le terrain, malgré les très nombreuses fermetures de route – qui, à juste titre, excède de plus en plus les riverains – plusieurs centaines de personnes sont venus pique-niquer sur la ZAD et, à l’appel de la Confédération Paysanne, plusieurs dizaines de tracteurs sont déjà entrés ou convergent vers la ZAD pour protéger les exploitations agricoles menacées. 

mardi 10 avril 2018

Déclaration des porteurs d'activités agricoles et autres de la ZAD face aux expulsions en cours

Aujourd'hui, (mardi 10 avril), à la Rolandière, nous étions une trentaine de personnes représentant les diverses activités agricoles, paragricoles, artisanales et culturelles sur la ZAD. Nous avons porté un message collectif pour répondre aux contre-vérités répandues depuis hier par ceux qui nous expulsent. 

Nous avons des projets extrêmement divers dans leurs formes mais nous sommes absolument solidaires, d'autant plus quand la préfecture essaie de nous diviser par des chantages à la destruction de nos activités et lieux de vie. Hier, la ferme des cents noms a été détruite. 

Ce matin encore, les gendarmes cherchaient à s'attaquer au grand potager collectif des Rouge et Noir et au jardin de plantes médicinales qui le jouxte.

Aujourd'hui toutes les activités et les habitations de la zone sont menacées. Le gouvernement a fait le choix d'interrompre le dialogue, de militariser la zone, de venir détruire avec des tractopelles, des blindés et des milliers de gendarmes mobiles l'espoir qui a été semé sur les terres de Notre-Dame-des-Landes. 

ZAD Notre-Dame-des-Landes : la politique de la terre brulée

Au deuxième jour de l’intervention militaire sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, une évidence s’impose : ce n’est pas seulement évacuer la ZAD que veut le gouvernement mais c’est aussi briser celles et ceux qui, depuis des années, ont choisi de lier leurs vies au refus de la destruction du bocage et des zones humides de Notre-Dame-des-Landes. 

En détruisant par la force des dizaines de lieues de vie et de nombreuses parcelles cultivées, en blessant et mutilant des dizaines de personnes qui s’opposent à cette politique de la terre brûlée, le gouvernement sait très bien qu’il ment en reniant ses propres engagements antérieurs de modération et de dialogue. 

Evacuation de la ZAD :une "opération délicate et respectueuse de l'humain". Valérie Oppelt, députée La république en marche de Nantes

Ci-dessous les communiqués des quatre principales composantes de la résistance citoyenne au soir de la première journée d'expulsion de la ZAD.

L’ACIPA est scandalisée par les évènements en cours sur la ZAD 

L’ACIPA est scandalisée par les évènements en cours sur la ZAD. L’ACIPA a toujours défendu que la RD281 devait rester libre après l’abandon du projet d’aéroport pour la circulation de la population et l’accès aux parcelles agricoles. Mais cette route ne sert-elle pas aujourd’hui de prétexte à une intervention plus générale ? 

L’ACIPA avait appelé à protéger les lieux de vie, qui doivent pouvoir concrétiser leurs projets agricoles, culturels, sociaux et ruraux. Le mouvement est en train de travailler sur ces projets et était en réflexion pour apporter des solutions plus individuelles sous forme de convention d’occupation précaire dans ces projets collectifs. Des réunions de concertation ont d’ailleurs déjà eu lieu avec la préfecture de Loire-Atlantique.