vendredi 31 mai 2013

"Je pourrais être la tête de gondole idéale d’un gouvernement qui se manifeste davantage par son respect des logiques industrielles et financières, que par un quelconque volontarisme écologiste" - Notre Dame des Landes, samedi 8 juin 11h30 à la VacheRit, Dominique Méda remettra la Légion d’honneur à Marie-Monique Robin


Marie-Monique Robin a souhaité que la Légion d'Honneur lui soit remise par Dominique Méda à Notre-Dame-des-Landes en signe de son engagement à la lutte contre le projet d'aéroport. C'est avec plaisir que l'ACIPA et la Coordination ont accepté ce soutien et mettent tout en oeuvre pour que la journée du 8 juin à la Vache Rit soit une belle réussite après celle de la Chaîne Humaine du 11 mai. 

Voici comment se déroulera cette journée : 
- 11h30 : accueil de Marie Monique Robin, Dominique Méda et des participants par Brigitte et Sylvain Fresneau et Jean Paul Naud, maire de Notre Dame des Landes 
- 12h00 : prise de parole de Marie Monique Robin et remise de la Légion d'honneur par Dominique Méda + interventions de participants éventuels 
- 12h30 : point presse et vin d'honneur 
- 13h15 : repas sur inscription : grillades, fromage, dessert, café 
- 15h : présentation du film : "Les moissons du futur" de MM Robin suivi d'une discussion. 
- 18h : fin de l'évènement 

Le repas sera proposé avec une participation libre de soutien : afin d'en faciliter l'organisation, il est impératif que les inscriptions arrivent au plus vite et avant le mardi 4 juin. Merci de contacter Geneviève Coiffard à ou g.coiffard@grosdoy.eu ou acipa.contact.s@free.fr pour les inscriptions à ce repas 

Extrait du blog de Marie-Monique Robin 

"... Car ça n’a échappé à personne : honorée sur le contingent du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie pour mes « 28 ans de service », je pourrais être la tête de gondole idéale d’un gouvernement qui se manifeste davantage par son respect des logiques industrielles et financières, que par un quelconque volontarisme écologiste. 


Dans les grands domaines qui me tiennent particulièrement à cœur, je trouve l’inertie affichée par l’équipe de François Hollande proprement affligeante, alors que la campagne du nouveau locataire de l’Elysée avait promis d’amorcer la nécessaire « transition écologique ». 

L’agriculture ? Malgré un titre pompeux « Faire de l’agro-écologie une force pour la France », la conférence nationale du 18 décembre a été conclue par Stéphane le Foll sur une vague promesse qu’une « autre voie est possible pour l’agriculture française », sans que ne soit annoncée aucune mesure. Pourtant, j’en vois deux urgentes : soutenir la conversion biologique des agriculteurs qui sont prêts à franchir le pas et encourager le développement de l’agro-foresterie. 

L’économie ? Comme beaucoup de Français(e)s, je n’ai pas digéré le Pacte de compétitivité et les vingt milliards accordés aux (grandes) entreprises, alors qu’aucune réflexion sérieuse n’a (encore) été menée sur les centaines de milliers d’emplois que pourraient générer le développement de l’agriculture biologique et du commerce de proximité, la réhabilitation du bâtiment, ou la multiplication des sources d’énergies renouvelables et locales. 

L’énergie ? Je n’ai pas oublié les déclarations de Delphine Batho, la ministre de l’Écologie et de l’Énergie, qui, lors de l’Université d’été du MEDEF (le 30 août) a déclaré : « La France a durablement besoin du nucléaire pour satisfaire ses besoins énergétiques, maintenir la compétitivité de ses entreprises et soutenir ses exportations ». Ce même jour, elle affirmait, à l’unisson du gouvernement que l’aéroport de Notre Dame des Landes était « une infrastructure dont nous avons besoin”. 

J’ai publiquement dit sur ce Blog et lors de la cinquantaine de projections publiques de mon film Les moissons du futur, auxquelles j’ai participé au cours des trois derniers mois, que le projet d’extension de l’aéroport de Nantes constituait un non sens environnemental et économique, et incarnait un anachronisme à l’heure des pics pétroliers et gaziers et des grands bouleversements que nous imposera inéluctablement la crise du climat. 

Dois-je admettre d’être un argument de greenwashing ? La question se pose à moi, à mon entourage, à ceux qui se reconnaissent dans ce que j’accomplis. Recevoir la médaille, serait-ce accepter que le pouvoir qui dirige aujourd’hui la politique de la France m’enrôle dans sa Légion sans me demander mon avis, me pince la joue et me réduise au silence des honneurs, comme un signe à sa boutonnière… ? 

J’ai hésité, c’est vrai. Mais je crois qu’accepter l’honneur, ce n’est pas reconnaître que l’action de ce gouvernement m’honore, mais assumer que je suis une fille de la République attachée à la promotion d’une valeur que ladite République est censée incarner: le bien commun. 

Pour tous ceux qui partagent la conviction que les mots “liberté, égalité, fraternité” devraient constituer le moteur de l’indispensable changement , cet insigne qui me sera remis, doit être un nouveau signe de la progression de nos idéaux. Souvent nous nous indignons que ceux que le peuple a portés au pouvoir se laissent convaincre par les lobbies ; en m’accordant les honneurs que je n’ai pas sollicités, nos élus montrent au contraire qu’ils doivent tenir compte d’autres forces. Ils admettent la nécessité des lanceurs d’alerte et des empêcheurs-d’agir-en-rond qui dénoncent les tromperies admises comme des vérités, et démasquent les conflits d’intérêts et les arbitrages en faveur des puissants. 

Derrière la main qui me flatte, je vois les enfants victimes du trafic d’organes, les agriculteurs suicidés par l’industrie, je vois Paul Jacquin, l’instituteur tué par la rumeur, et Paul François, le paysan malade de Monsanto ; je vois aussi les disparus d’Argentine, les femmes battues, et tous ceux et celles qui oeuvrent aux quatre coins du monde pour qu’enfin triomphent les moissons du futur. C’est à tous ces gens-là que je dois ma récompense. Et ceux qui pensent que je ferai allégeance se trompent. Fidèle à Albert Londres, je garderai ma liberté de parole en continuant de « porter la plume dans la plaie »… 

http://wp.arte.tv/robin/2013/01/04/sacree-legion/ 

Marie-Monique Robin est née et a grandi dans les Deux-Sèvres où ses parents étaient agriculteurs2. Elle étudie les sciences politiques à l’université de Sarrebruck et est diplômée du centre universitaire d’enseignement du journalisme de l'université de Strasbourg. Elle débute sa carrière avec France Région puis travaille pour l’agence CAPA de 1989 à 1999 avant de devenir journaliste indépendante. 

Depuis 1989, elle a réalisé une quarantaine de films d’investigation et obtenu une trentaine de prix dont le prix Buffon (Festival International du Film Scientifique), plusieurs prix au Festival international du Scoop d’Angers3 ou au FIGRA 4… 

Ses films qui sont souvent le fruit d’une longue enquête de terrain, offrent un regard critique sur la situation des droits de l’homme dans différentes régions du monde notamment en Amérique Latine où elle s’est rendue plus de 80 fois5. Elle enquête ainsi sur l’utilisation de la coca par les indigènes en Colombie (Mama Coca, 1990), sur la prévention du SIDA à Cuba (Sida et Révolution, 1989) ou encore sur l’implication de l’armée française dans l’Opération Condor (Escadrons de la mort, l'école française, 2003). On lui doit aussi plusieurs documentaires réalisés en France notamment « La révolte des femmes battues » (2000), « l’École du soupçon » (2005) qui montre les dérives de la lutte contre la pédophilie. En 2002, elle a par ailleurs réalisé un film sur la recherche scientifique concernant les phénomènes paranormaux (Le Sixième Sens). 

Depuis 2004, Marie Monique Robin s’intéresse plus particulièrement aux menaces qui pèsent sur labiodiversité et à l’appropriation du vivant par les géants de la biotechnologie (Les pirates du vivant et Blé : chronique d’une mort annoncée, 2005). Marie-Monique Robin est également l’auteur de plusieurs essais dont certains ont connu un réel succès public (« Les 100 photos du siècle » a été vendu à plus de 600 000 exemplaires). C'est une des particularités de son travail d'investigation : chacun de ses livres raconte en détail l’enquête menée à l’occasion d’un de ses films et approfondit son propos par un complément documenté. 

(extraits Wikipédia)

Dominique Méda est une philosophe et sociologue française. Normalienne, énarque et inspectrice générale des affaires sociales, elle a particulièrement écrit sur le thème du travail et des politiques sociales, des indicateurs de richesse et des femmes.

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