Politis : Comment analysez-vous ce qu’il s’est passé à Nice la semaine dernière ?
Roland Gori : La prudence serait de dire qu’on ne
sait pas. Que l’on a besoin de temps pour préciser les données à
recueillir par des enquêtes, et de temps pour une analyse
multidimensionnelle mobilisant la pensée. Nous avons besoin de temps
pour penser ce qui nous arrive, et comment nous en sommes arrivés là.
Nous avons besoin de comprendre ce qui rapproche chacun de ces meurtres
de masse et ce qui les différencie les uns des autres.
"Nous ne sommes pas du côté de la loi, mais de celui de la révolte !" Asli Erdogan
samedi 30 juillet 2016
"Nous nous assignons le devoir de fraternité". Intervention d'Hubert Wulfranc, maire Front de Gauche de Saint-Etienne du Rouvray lors de l’hommage rendu au père Jacques Hamel
« L’assassinat de Jacques Hamel, prêtre de la paroisse de Saint - Étienne - du - Rouvray, les traumatismes sans nom subis par Soeurs Danièle, Huguette, Hélène, les époux Coppone, à ses côtés dans ses derniers moments, nous réunissent en hommage. L’émotion immense en réaction à cet acte ignoble ne se tarira pas, ni ici, à Saint - Étienne - du - Rouvray, ni au - delà.
L’église de Jacques Hamel, l’église de notre ville, notre ville, sont devenus la représentation d’un monde meurtri dans un vertigineux et tragique écrasement de la réalité internationale, et ce à nos pieds, sous nos yeux, dans le sang.
vendredi 29 juillet 2016
Après Saint-Etienne-du Rouvray : vivre en sécurité ?, par l'UJFP
Hier, 26 juillet, le prêtre de l’église de Saint-Etienne-du Rouvray a été assassiné pendant la messe du matin. Un des paroissiens de l’église, gravement blessé. L’Union juive Française pour La Paix (UJFP) tient à rendre hommage aux victimes de cet attentat et assure leurs proches et tous les habitants de Saint-Etienne-du-Rouvray de toute sa solidarité.
Le groupe Daesh a déclaré la guerre au monde entier : aux musulmans, aux juifs, aux chrétiens, aux occidentaux, aux kurdes, aux yézidis... L’horreur qu’inspire ce type de mise à mort étudié, dans un lieu de culte devant des fidèles , si elle nous conforte dans la nécessité de combattre activement toutes les formes de haine ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux moyens d’endiguer cette violence.
Notre-Dame-des-Landes: le début du chantier fait déjà face à un obstacle, par Aurélie Delmas (Mediapart.fr)
Un avis de l’Autorité environnementale
pointe des lacunes concernant l’étude, réclamée par Bruxelles, des
impacts environnementaux concernant les chantiers connexes à l’aéroport
de Notre-Dame-des-Landes. Un indice de plus sur le fait que les travaux
ne devraient pas commencer de sitôt.
L'évacuation et le début des travaux pour l'aéroport de
Notre-Dame-des-Landes restent encore suspendus à de complexes procédures
administratives imposées par Bruxelles. Depuis 2014, la Commission
européenne exige en effet de Paris
une étude d’impact globale du projet d’aéroport, prenant en compte non
seulement l’aéroport, mais aussi les projets qui permettront d'y
accéder : tram-train, routes et échangeurs, TGV.
jeudi 28 juillet 2016
Face aux attentats : ensemble luttons contre la guerre des civilisations, ensemble battons-nous pour l'universalisation des droits humains
Un prêtre égorgé dans son église à Saint-Etienne du Rouvray, des personnes prises en otage, un camion qui broie une foule et des familles à Nice, un jeune qui attaque un concert de musique en Allemagne...
Quoi de commun entre ces tragédies meurtrières ?
Dans le cas présent, avec la revendication de Daesh, ce sont des attaques contre les libertés humaines, contre la liberté de conscience, contre le plaisir de vivre, contre l'humanisme.
Le prétendu Etat islamique a donc décidé d'amplifier la mondialisation de la terreur, afin de chercher à détruire tout ce qui va dans le sens des droits humains fondamentaux. C'est sa réponse asymétrique au cynisme arrogant des grandes puissances et aux effets destructeurs des politiques néo-libérales qui transforment la planète entière en zones de marché, au mépris des peuples, de leurs traditions, de leurs droits.
«Une dynamique de globalisation du ressentiment». Entretien avec François Burgat, par Joseph Confavreux (Médiapart.fr)
Après l’enchaînement d’attentats à Nice, Ansbach ou Saint-Étienne-du-Rouvray, comment faire face à un terrorisme de proximité inscrit dans une dynamique globalisée éminemment politique ? Éléments de réponse avec un spécialiste de l’islam politique et de l’islamisme.
François Burgat est directeur de recherche CNRS à l’IREMAM (Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman) et coordinateur du projet européen WAFAW (When Authoritarianism Fails in the Arab Wold). Il est notamment l’auteur de L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaïda (La Découverte, 2005- 2010) et fera paraître à la rentrée Comprendre l’Islam politique. Une trajectoire sur l’altérité islamiste 1973-2016, également aux éditions de La Découverte. « S’il est le fruit d’un passage à l’acte solitaire, sur une toile de fond d’échec individuel, le passage à la violence s’inscrit néanmoins, à Nice comme ailleurs, dans une dynamique de “globalisation du ressentiment” qui demeure pour moi éminemment politique », juge François Burgat. Entretien.
mercredi 27 juillet 2016
6ème forum international contre les Grands Projets Inutiles et Imposés de Bayonne, déclaration finale
Le 6ème forum international contre les Grands Projets Inutiles et Imposés de Bayonne s’est clôturé après 3 jours de conférences et d’ateliers, riches en débats et en propositions pour l’avenir.
Il a réuni, du 15 au 17 juillet 2016, 150 personnes représentant 39 associations. Les échanges ont été traduits grâce à la présence d’une dizaine d’interprètes.
Déclaration finale
La «guerre civile européenne» et la mémoire des Balkans, par Jean-Arnault Derens
La France serait « en guerre », subissant les attaques de l’État islamique, répètent à l’envi les autorités de Paris. Or, l’attentat de Munich, après celui de Nice, est venu tragiquement rappeler que ce n’est pas seulement la France qui serait « en guerre », mais toute l’Europe, et que si « guerre » il y a bien, celle-ci est un conflit intérieur, une guerre civile et pas le produit d’une agression.
Aux victimes de Nice, de Munich, de Kaboul et d’ailleurs.
mardi 26 juillet 2016
« Daesh nous empêche de voir que la question majeure est politique ». Entretien avec Roland Gori, par Pauline Graulle (Politis.fr)
Pour le psychanalyste Roland Gori, les auteurs des récents attentas sont les monstres du néolibéralisme. Daesh, estime-t-il, est l’arbre qui cache une crise politique profonde et sans issue immédiate, et qu’il devra pourtant falloir régler pour éradiquer ce terrorisme.
Olivier Roy: «Daech fait feu de tout bois», entretien avec Joseph Confavreux (Médiapart)
Olivier Roy est professeur à l’Institut universitaire européen de
Florence, où il dirige le Programme méditerranéen. Il est notamment
l’auteur de L’Islam mondialisé (Le Seuil, 2002), La Sainte Ignorance (Le Seuil, 2008) et En quête de l’Orient perdu (Le Seuil, 2014) et fera paraître, toujours au Seuil, un ouvrage intitulé Le Djihad et la mort, à la rentrée prochaine. Entretien.
Au regard des éléments actuels de l’enquête, peut-on qualifier la tuerie de Nice de djihadiste ?
Turquie : La purge d'Erdogan s'intensifie !, infos du Syndicat de la Magistrature
Avant hier, en Turquie, 2745 magistrats ont été suspendus et plus de 200 visés par des ordres d’arrestation et d’incarcération, dont des membres de l’association de juges et de procureurs turcs Yarsav, les mêmes qui avaient lancé en mars « le dernier SOS des juges turcs libres », sont aujourd’hui détenus.
Le Syndicat de la magistrature et l’ensemble des organisations professionnelles de magistrats membres de MEDEL (Magistrats européens pour la démocratie et les libertés) sont mobilisés. Des initiatives sont en cours pour soutenir nos collègues turcs.
lundi 25 juillet 2016
En défense des journalistes en Turquie, lettre ouverte à François Hollande, par le SNJ, le SNJ-CGT, CFDT Journalistes
La situation en Turquie, après la tentative de coup d’Etat et la répression à une échelle sans précédent qui a suivi et se poursuit ne peut que provoquer colère, indignation et inquiétude.
En qualité de syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes), nous sommes aux côtés de nos collègues turcs et kurdes qui subissent encore plus que précédemment, les foudres du régime de l’AKP et du chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan.
La mainmise du pouvoir sur les médias, les arrestations et poursuites de journalistes, les fermetures de titres, le blocus des sites et des réseaux sociaux transforment ce pays en un no man’s land pour la liberté d’informer, pour la libre expression.
Le mouvement contre la «loi travail»: une embellie sociale, par Laurent Dégousée (Solidaires)
La «loi travail», c’est au départ une réforme dictée par la Commission européenne qui juge notre droit du travail trop protecteur, «Le minimum de ce qu’il faut faire» selon Jean-Claude Juncker, son président. C’est ensuite l’ultime transgression, après le débat avorté sur la déchéance de la nationalité, d’un Président de la République, Francçois Hollande, dont on peut affirmer, au vu de son quinquennat, que son ennemi, c’est le Code du travail. C’est enfin un Premier ministre, Manuel Valls, dont la brutalité fait partie de l’identité politique, qui foule au pied les libertés publiques comme jamais depuis… la guerre d’Algérie?!
C’est surtout une formidable mobilisation, dont le déclenchement en plein état d’urgence était loin d’être assuré, qui remet spectaculairement en avant la question sociale au mépris de la question identitaire, le plus long mouvement social depuis 1968, de surcroît sous un gouvernement dit de gauche. Un mouvement? Non, des mouvements qui se succèdent à un rythme soutenu.
samedi 23 juillet 2016
Des chars allemands à 150 km de Leningrad, par Raoul-Marc Jennar
Qui connaît ce que fut le sort d’une ville qui s’appelle aujourd’hui St-Pétersbourg ? Il fut un temps où elle s’appelait Leningrad.
L’ignorance de l’Histoire étant devenue une caractéristique des jeunes générations, rappelons que le siège de Leningrad par les troupes allemandes a commencé début septembre 1941. Parties des pays baltes conquis en juillet-août, les divisions allemandes du groupe d’armée nord de la Wehrmacht sont arrivées à proximité de la ville en quelques jours.
vendredi 22 juillet 2016
Après Nice: Résilience, résistance, responsabilité, par Noël Mamère
Anatomie d'une période d'exception politique, par Hugo Melchior
5 juillet 2016. Il était 15h passé. La manifestation parisienne, ayant rassemblé sensiblement moins de monde que les semaines précédentes, n’était pas encore achevée lorsque Manuel Valls prit la parole devant les députés de l’Assemblée nationale pour annoncer son intention de recourir à nouveau à l’article 49.3 de la Constitution, afin de faire adopter le projet de loi « Travail » sans débat.
Cette annonce allait-elle susciter un ultime sursaut à Paris et ailleurs en France parmi les opposants à cette loi ? Ils ne furent finalement que 300 à se rendre devant le Palais Bourbon en fin d’après-midi, à l’appel du collectif Nuit debout, pour dénoncer ce deuxième « passage en force », et finir bloqués, pendant plusieurs heures, par des centaines de policiers qui en sécurisaient l’accès.
Attentat de Nice : À ceux qui vantent le « modèle » israélien, par Denis Sieffert (édito de Politis)
Avec inconscience ou avec d’inavouables arrière-pensées, on ne sait pas. Toujours est-il que nombreux sont les médias qui, depuis le massacre de Nice, donnent en exemple de résilience au terrorisme le « modèle » israélien.
Tous ne le font pas de la même façon. Rendons justice au correspondant du Monde qui prend soin de rappeler le contexte colonial du conflit israélo-palestinien. Mais, la plupart s’en tiennent à une approche apparemment « technique ». Les Echos, le JDD, France 2, France Inter (avec l’ex-porte parole de l’armée israélienne), entre autres, suggèrent que la France devrait s’inspirer d’Israël.
jeudi 21 juillet 2016
Après Nice, quelles réponses ?, par François Calaret

L’attentat de Nice a
foudroyé la société française. Par son
mode opératoire d’une banalité quotidienne : l’usage d’un camion. Par le
lieu de son déroulement : une ville de province censée être la plus
« sécurisée » de France. Par les victimes qu’il a touchées : une
foule populaire, comprenant de nombreuses familles avec enfants, rassemblée
pour un évènement – le feu d’artifice du 14 juillet - qui fait partie du quotidien. C’est une onde
de choc qui s’imprime dans une société déjà à vif, travaillée par de multiples
sources de tension.
Évidemment le besoin de
comprendre, de resituer l’évènement dans un cadre plus général est
irrépressible. Et dans ce type de situation, il y a toujours le risque d’éviter
de prendre la mesure du phénomène auquel nous sommes confrontés.
Et six mois de plus !, par le collectif national "Nous ne céderons pas"
Une nouvelle fois, la France vient d’être confrontée à l’horreur des attentats. Face au nombre de victimes, aux circonstances et au mode opératoire choisis, nous ne pouvons que ressentir colère et douleur.
La réponse gouvernementale, formulée au soir même de cet acte odieux, consiste à proroger une quatrième fois l’état d’urgence pour une durée d’au moins six mois.
Après s’être livrés à une lamentable surenchère sécuritaire et démagogique, les parlementaires ont avalisé à une très large majorité cette prorogation d’un état d’urgence sans fin, aggravé par des dispositions qui accroissent encore les possibilités d’arbitraire ou qui valident des mesures sans rapport avec l’objet du texte.
Prorogation de l'état d'urgence : " Ne laissons pas triompher les passions sécuritaires et les divisions identitaires" par André Chassaigne
Seuls 26 députés se sont opposés à la prorogation pour 6 mois de l'état d'urgence. Et c'est l'honneur du groupe Front de Gauche d'avoir été le seul à intervenir, par la voix d'André Chassaigne, pour expliquer son opposition.
"Monsieur le Président, monsieur le Premier Ministre, messieurs les Ministres, mes chers collègues,
au soir de notre fête nationale, une nouvelle fois, le terrorisme aveugle a frappé des innocents. Nos pensées vont tout d’abord aux victimes et à leurs proches.
mercredi 20 juillet 2016
mardi 19 juillet 2016
Notre-Dame-des-Landes : l'affrontement qui vient...., par Hugo Melchior
Après
la nette victoire du «oui » lors de la consultation publique, organisée
par l’État le 26 juin en Loire-Atlantique dans le but de conférer au
projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes l’onction du suffrage
universel, et ainsi espérer renforcer considérablement sa légitimité
auprès de l’opinion publique et d’une classe politique censée être
respectueuse de la règle majoritaire, alors que des milliers d'opposants
se réunissent ce week-end à Notre-Dames-des-Landes, le gouvernement
socialiste semblerait ne plus vouloir perdre de temps. En effet, la date
de la nouvelle tentative d'évacuation par la force publique de la ZAD
(« Zone à défendre») et de ses habitants, condition de possibilité pour
que les travaux puissent, enfin, effectivement débuter, semblerait se
préciser.
Ainsi, comme il y a quatre ans, une opération de « pacification » du territoire de Notre dame des landes, sur lequel doit voir le jour l’aéroport du Grand Ouest, devrait intervenir au début de l’automne, alors que la campagne présidentielle aura déjà commencée, notamment chez les Républicains.
Ainsi, comme il y a quatre ans, une opération de « pacification » du territoire de Notre dame des landes, sur lequel doit voir le jour l’aéroport du Grand Ouest, devrait intervenir au début de l’automne, alors que la campagne présidentielle aura déjà commencée, notamment chez les Républicains.
lundi 18 juillet 2016
Démocratie universelle contre terrorisme, par Jean-Claude Mamet (Ensemble!)
Cette fois, la démonstration est limpide et terrible à la
fois : aucune technologie militaire, aucun arsenal sécuritaire, aucune loi
répressive, aucun quadrillage étatique, ne peuvent prémunir la population
contre une agression terroriste. Les
failles éventuelles de tel ou tel service le 13 novembre 2015 existent
peut-être, mais cela ne pèse de rien. A Nice, personne ne pouvait rien faire,
ni prévoir. Surtout que la ville, comme
l’explique le Monde du 16 juillet, s’était considérablement entrainée à une
attaque, au moment du carnaval, de l’Euro2016, ou autre hypothèse, avec des
renforts, des exercices de simulation, des hypothèses d’attaques
« nucléaires, bactériologiques, chimiques », des cyberattaques au festival de Cannes, des
attaques venant de la mer, etc.
Après l'horreur : un autre monde est plus que jamais nécessaire, communiqué d'Ensemble Alpes Maritimes
C'est tout d'abord compassion et solidarité qu' ENSEMBLE ! 06 tient à exprimer aux familles et aux proches des victimes de l'attentat de Nice du 14 juillet.
Mais, alors que l'heure est toujours à la douleur, au deuil et au recueillement après l'horreur de jeudi soir, tout continue comme avant : récupérations politiciennes indécentes, déclarations guerrières irresponsables, propos ultra-sécuritaires inquiétants...
Ainsi F. Hollande, qui le soir même de l'attentat, et sans prendre la peine d'attendre les avancées de l'enquête, annonce, dans une fuite en avant belliciste et impérialiste, l'intensification des frappes en Syrie et en Irak. Il annonce dans la foulée la prolongation d'un état d'urgence non seulement inefficace, mais aussi contre-productif car anxiogène pour la société et mortifère pour les libertés démocratiques.
samedi 16 juillet 2016
Sous le choc, par Clémentine Autain
La violence aveugle et meurtrière qu’un homme a déchaîné à Nice, ce 14 juillet, ne doit pas nous aveugler à notre tour. Au-delà de la douleur, il faut trouver des réponses qui ne soient pas seulement policières et sécuritaires, mais aussi humaines et humanistes.
Nos pensées terriblement émues sont à Nice, avec les victimes et leurs proches. Le bilan est si terrifiant… 84 morts et 18 blessés graves. Un camion a fendu la foule, l’homme au volant a tiré avec un calibre 7.65, des dizaines et des dizaines de personnes venues fêter le 14 juillet sur la promenade à Nice ont péri. Cet acte de terrorisme fait suite à ceux que la France a connus depuis les événements de Charlie Hebdo et l’Hyper casher.
[Attentat Nice] De l’urgence de se taire, par Denis Sieffert (Politis)
Difficile quand on est une personnalité politique de se taire. Difficile quand on est journaliste de ne pas montrer les images dont on dispose, même insoutenables, même indécentes. Il est pourtant parfois urgent d’attendre.
La tragédie de Nice a encore illustré le risque de la précipitation qui le dispute bien souvent à la démagogie et au cynisme. Très vite, trop vite peut-être, on a entendu Christian Estrosi reprocher à François Hollande d’avoir annoncé jeudi midi la fin de l’état d’urgence. Puis, Nicolas Sarkozy juger « indispensable » la prolongation du même état d’urgence. Et encore Georges Fenech, député LR du Rhône, affirmer que « l’état d’urgence ne règle rien », et stigmatiser « l’impuissance de l’exécutif ».
vendredi 15 juillet 2016
Le journalisme face à l’effroi, par Edwy Plenel, directeur de Médiapart
Le journalisme doit nous aider à réfléchir afin que nous ne cédions pas à l’effroi. C’est toute sa difficulté face à la tragédie des attentats : ne pas être indifférent à l’émotion générale et, surtout, à la souffrance des familles, tout en s’efforçant de maintenir le cap de la raison, de l’analyse et de l’enquête. Ce qu’Albert Camus appelait un « journalisme critique ».
« On veut informer vite au lieu d’informer bien. La vérité n’y gagne pas. » Ce constat introduit l’un des tout premiers éditoriaux de Camus dans le Combat de la Libération, le 8 septembre 1944, alors que l’Europe est loin d’être libérée et l’Allemagne hitlérienne pas encore vaincue.
L’horreur ! Communiqué d'Ensemble après l'attentat de Nice

Une fois de plus la France est touchée par un nouvel attentat.
Notre pensée va d’abord aux victimes.
Ensemble s’associe à la douleur de leurs proches.
La sidération nous frappe. Les mots, quel que soit le sentiment qu’ils expriment semblent toujours en deçà de l’événement lui-même.
Le temps est aujourd’hui au recueillement et à la solidarité.
L’émotion qui nous emporte ne doit pas être utilisée pour faire accepter de nouvelles mesures de restriction des libertés dont l’expérience a montré que, mortifères pour la démocratie, elles sont inefficaces contre les attentats.
Réaction après l’attaque au camion à Nice, par Jean-Luc Mélenchon
On aurait voulu que ce soit juste l’été et ses soirées dans la nuit douce. Juste un 14 juillet avec ses bals des pompiers et ses feux d’artifices, et aussi le bruit des choses simples. Et voilà le retour d’un de ces absurdes assassins, les cris et la mort. Maudit soit-il !
Alors on rentre en soi et laisse passer la vague d’émotion comme on a appris à le faire depuis qu’on a vécu toutes ces autres abominations. On lève les yeux sur le magasin des mots et on se demande lesquels choisir pour les offrir en pansement.
jeudi 14 juillet 2016
60 parlementaires français veulent un référendum pour abolir les armes nucléaires
A la veille du 14 juillet, 60 députés et sénateurs appellent à abolir les armes nucléaires et proposent à leurs collègues une loi organisant un référendum sur la participation de la France à leur abolition.
"Depuis décembre 2015, l’abolition des armes nucléaires est à l’ordre du jour de l’ONU. Un Groupe de travail ouvert aux gouvernements et aux ONG se réunit à Genève pour recommander à la prochaine Assemblée générale de l’ONU « les moyens de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire, aux fins de l’avènement définitif d’un monde sans armes nucléaires ». Mais la France et les autres Etats nucléaires ont boudé le Groupe de travail.
mercredi 13 juillet 2016
On bloque tout ? Un premier bilan
Si ces quatre mois de mobilisation ont permis de
remettre la question sociale sur le devant de la scène, ils ont aussi
permis de constater les difficultés à donner sens et corps à l’action
collective pour des centaines de milliers de salarié.e.s qui pouvaient «
soutenir » la lutte sans pour autant franchir le pas de la grève. N'y
a-t-il pas urgence à échanger sur nos pratiques syndicales ?
L’enfermement des enfants en rétention doit cesser, par la CIMADE
Aujourd’hui, la France a été lourdement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. Celle-ci déclare à l’unanimité qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » pour l'enfermement des enfants en centre de rétention. Le gouvernement va-t-il enfin réagir ?
Le 12 juillet 2016, la France a été lourdement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les cinq affaires concernent des familles enfermées avec des enfants mineurs entre 2011 et 2014 dans les centres de rétention de Toulouse, pour quatre d’entre elles, et de Metz. La Cour déclare à l’unanimité qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. »
mardi 12 juillet 2016
Loi Travail : la détermination reste intacte ! Déclaration commune CGT, FO, FSU,Solidaires, UNEF, UNL, FIDL
Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont pris acte et dénoncent la nouvelle utilisation du 49-3, véritable déni de démocratie, pour faire passer le projet de loi travail. C’est bien la preuve, si celle-ci était nécessaire, que ce texte de régression sociale reste minoritaire.
Soutenues par une large majorité de la population, elles réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d’emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es.
L’Europe, on la change ou elle meurt, par Clémentine Autain et Roger Martelli
Les électeurs britanniques ont voté majoritairement pour la sortie de l’Union européenne. Leur décision est souveraine. Elle était attendue. Elle provoque pourtant de la sidération. Modèle ou abomination ? Et si l’on réfléchissait autrement ?
Plusieurs décennies d’obstination technocratique ont conduit l’Union européenne à l’abîme. On prétendait rassembler, et si possible sans limites. Six, neuf, douze, quinze, vingt-sept… L’Europe occidentale, puis méditerranéenne, puis centrale et orientale. Et pourquoi pas la Turquie, les ex-Républiques soviétiques et quel nouveau pays encore ? Or ce n’est pas tout d’élargir. Encore faut-il trouver le ciment, le moteur de régulation de cet immense et riche puzzle.
lundi 11 juillet 2016
L'écologie politique est-elle soluble dans l'élection présidentielle ?, par Noël Mamère
La récente défection de Nicolas Hulot, qui ne sera donc pas candidat l’élection présidentielle de 2017, renforce la crise de l’écologie politique et nous oblige à repenser notre rapport à ce moment majeur de la vie politique française.
En annonçant ce week-end l’organisation d’une primaire, Europe-Ecologie-Les Verts a rouvert la boite de Pandore, dont sortira une nouvelle candidature de témoignage.
La question que je me suis posé, avant de renoncer à m’engager dans cette aventure sans lendemain, est bien celle-ci : une candidature écologiste sans processus de rassemblement, est elle crédible, utile et souhaitable ? Crédible ? Certainement pas.
Brexit, élections en Espagne et en Italie : face à des dilemmes qui ne sont pas les nôtres, l’internationalisme en actes, par Yorgos Mitralias
A première vue, rien ne semble relier le Brexit britannique aux récentes élections en Italie et en Espagne, la crise sans précédent du Labour britannique à la « cosmogonie » américaine de Berni Sanders.
Les grands événements de cet été 2016 semblent n’obéir à aucune logique et n’être explicables que comme une manifestation de plus de ce que d’habitude est appelé… « la crise » de notre temps ! En d’autres termes, confusion totale et évidemment, angoisse et terreur devant l’inconnu…
Et pourtant, tous ces événements plus ou moins cataclysmiques des dernières semaines obéissent a une « logique interne ». Ils ont un dénominateur commun qui leur donne un sens et les rend compréhensibles.
dimanche 10 juillet 2016
Notre-Dame-des-Landes : très forte mobilisation pour le 16ème rassemblement estival !
On ne pouvait espérer meilleure réponse à la consultation que cette mobilisation exceptionnelle et déterminée, avec la présence sur les 2 jours de plus de 25 000 personnes dont certaines venant à Notre-Dame-des-Landes pour la première fois.
Ce rassemblement a été marqué par la sérénité et la cohésion dans la lutte.
De quoi Rocard est-il le nom ?, par Noël Mamère. Suivi Pierre Joxe, puis Francis Sitel
Michel Rocard incarnait une gauche morale, libérale
et sociétale. Nous avons besoin aujourd’hui d’une gauche sociale,
écologiste, libertaire, qui s’impose face à la fausse gauche managériale
du capitalisme financier.
NDL : Nous avons perdu la consultation du 26 juin, oui. Avons-nous perdu tout droit à nous opposer ? Non, par Françoise Verchère
Depuis le
27 juin, on entend en boucle cette critique prévisible : « Vous avez
perdu, vous devez respecter le suffrage universel, vous portez un
mauvais coup à la Démocratie en continuant votre opposition. »
Cette réaction n'est pas étonnante, elle
paraît même au premier abord « logique », mais pour ne pas rester à la
surface des choses, la pensée mérite toujours un peu de temps, de
raisonnement et plus de 140 caractères… Essayons donc d'y voir plus
clair.
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