dimanche 17 février 2013

Notre Dame des Landes : l'élan pour une lutte prolongée, résolution de la coordination générale des Alternatifs des 16 et 17 février


Malgré la répression, la mobilisation ne faiblit pas : 
- sur place, où se conjuguent l'opposition des paysan-e-s et des habitant-e-s à l'expropriation, des alternatives portées par plusieurs centaines de d'opposant-e-s, la colère de toute une population contre la collusion entre pouvoirs politiques et économiques ; 
- dans toute la France, où plusieurs centaines de collectifs de solidarité se sont créés, alors que de multiples initiatives et réunions témoignent d'un large soutien militant dont les Alternatifs sont partie prenante. 

La lutte à Notre Dame des Landes est un point d'ancrage et une référence pour de nombreux combats contre un capitalisme et un modèle de développement destructeurs, un motif d'engagement pour de nombreux jeunes. Elle rejoint d'autres combats contre les grands projets inutiles et imposés. 

Le 11 mai 2013, les collectifs de soutien organisent une chaîne humaine, les Alternatifs participeront à cette action, comme ils seront présents lors du grand rassemblement des 3 et 4 août. 

samedi 16 février 2013

Notre Dame des Landes : le point sur l'action des paysans à la ferme de Bellevue


Il y a bientôt trois semaines que nous, paysans du Copain 44 et autres, avons sauvé la Ferme de Bellevue d'une destruction programmée imminente, en l'entourant des tracteurs vigilants. Une semaine plus tard, après quelques travaux d'aménagement, plusieurs d'entre nous ont amené des bêtes pour que la ferme vive et pour la maintenir opérationnelle. Six vaches, une dizaine de moutons, une douzaine de poules, un cochon, provenant d'une dizaine d'élevages différents ont ainsi investi la ferme. Un veau est né depuis, et d'autres animaux viendront agrandir le troupeau.

Depuis trois semaines, paysans, membres des comités de soutiens et zadistes s'affairent pour nettoyer, reconstruire, pour partie, et faire vivre la ferme. Pourquoi occuper cette ferme? C'est la première ferme en production, dont le corps de ferme et la quasi totalité des 130ha se situe sur la ZAD, qui cesse son activité sans repreneur. Depuis sa création, le Copain 44 milite pour que les terres de Notre Dame des Landes restent agricoles et nourricières. Nous pensons, pour beaucoup, que ce projet fou et inutile ne verra pas le jour, et nous nous opposerons donc par tous les moyens à la destruction de toutes autres fermes ou habitations. 

Suivant les productions, une ferme comme celle-ci pourrait faire vivre plusieurs paysans. Préserver la ferme de Bellevue c'est aussi maintenir les terres en état de produire, celle de Bellevue, mais aussi celle de tous les paysans en activité sur la Zad.

jeudi 14 février 2013

La mort du petit cheval ! Pour un contrôle citoyen de la nourriture


Les médias se sont emballés – ont galopé ? – à propos d’une « nouvelle crise sanitaire » révélée par la découverte de viande de cheval au lieu et place de viande bovine dans des plats préparés de marque Findus. 

Quelle crise sanitaire ? La viande de cheval est une viande de consommation humaine courante et il n’y a pas si longtemps les boucheries chevalines étaient fréquentes en France. Les italiens restent d’ailleurs de gros consommateurs de viande équine et pour la plupart des diététicien-ne-s la viande de cheval est qualitativement supérieure à la viande bovine. Les commentaires sur le « cheval roumain » ont souvent révélé un racisme latent rappelant d’autres légendes urbaines autour des plats servis dans les restaurants chinois à base d’aliments pour chiens ou de chats de quartier mystérieusement disparus. 

Au-delà des fantasmes et de tabous alimentaires relevant du culturel - les anglais ne consomment pas de cheval, d’escargots et de grenouilles ; les australien-ne-s assimilent le lapin à un rat et les occidentaux se refusent à manger du chien, du singe ou des insectes - se pose la question du contrôle des citoyen-ne-s-consommateurs-trices sur leur alimentation . 

mercredi 13 février 2013

Nantes : un chômeur s'est immolé devant le centre de Pôle Emploi est


En fin de droit, un chômeur de 43 ans s’est immolé en milieu de journée devant le centre Pôle Emploi de Nantes Est. Les jours précédents, il avait alerté les services de pôle Emploi et plusieurs médias de son intention en contestant, au regard de son temps travaillé, sa mise en fin de droit. Son acte de désespoir ultime est donc sans conteste lié à sa situation sociale. 

Pour les Alternatifs, un tel drame a des responsables. Et ce ne sont pas les salarié-e-s de Pôle emploi, confrontés à l’explosion du chômage et à des règles de plus en plus drastiques pour renforcer le contrôle des sans-emplois et accroître les radiations et les fins de droit. Les vrais coupables sont ceux qui licencient et ceux refusent d'interdire les licenciements dans toutes les entreprises qui font de bénéfices et de garantir aux femmes et aux hommes sans emplois un revenu minimum d’existence décent c'est-à-dire au moins égal au seuil de pauvreté (1000 euros/mois). 

La violence extrême de ce suicide annoncé est terrifiante. Mais elle n’est que le sommet d’un iceberg de misère qui ne cesse de croître. Et qui chaque jour, le plus souvent dans le silence et l’indifférence, broie des êtres humains. Jusqu’à quand ?

Un Etat de moins en moins policé mais de plus en plus policier ! Vigilance et mobilisation pour la défense de nos droits démocratiques à manifester et à circuler librement

Rassemblement à Saint Nazaire en soutien à Elise et Erwan

« La colère sociale, avec les conséquences de la crise économique et financière, la précarité, le chômage, les plans de licenciements, elle est là, elle gronde depuis des années », a reconnu, mardi dernier 5 février, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, ajoutant « aujourd’hui on assiste moins à des mouvements sociaux, qu’à des implosions ou explosions sociales ». Pour le premier flic de France, ces risques d’explosion sociale, « il faut les comprendre, mais on ne peut pas les admettre. On peut essayer de comprendre les raisons qui poussent des hommes et des femmes au désespoir mais on ne peut pas casser l’outil de travail». Vous avez bien lu : « casser l’outil de travail », et c’est un ministre d’un gouvernement soi-disant de gauche qui caractérise ainsi les mobilisations syndicales pour la défense de l’emploi ! 

De Notre Dame des Landes, à Florange, PSA et Good Year, les syndicalistes, les militant-e-s de tout bord et les citoyen-ne-s refusant de rentrer dans le rang sont devenus les cibles d’une pression policière et juridique sans équivalent. 

A Strasbourg, mercredi dernier 6 février, après que les cars des manifestant-e-s venant de Liège, Luxembourg et Florange aient été fouillés et plusieurs dizaines de sidérurgistes des entreprises Mitall refoulés, un jeune sidérurgiste belge, touché par un tir de flash-ball, a perdu un œil. 

Notre-Dame-des-Landes: enrôlé malgré moi ou les mésaventures d’un historien enrôlé malgré lui dans le camp des défenseurs du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par la revue du conseil général de Loire-Atlantique, par Michel Gautier, spécialiste de l'histoire de la poche de Saint-Nazaire

l'article du journal du Conseil Général

Spécialiste de l’histoire de la poche de Saint-Nazaire, je reçois le 10 janvier dernier ce message de Matthieu Bonamy, journaliste au département de Loire-Atlantique:

 «Bonjour Monsieur, Je travaille pour le magazine du Département de Loire-Atlantique. Je cherche la confirmation d'une information qui m'a été donnée, dans le cadre d'un article sur l'histoire des aéroports dans le département: Alain Mustière, ancien président de la CCI, m'a dit qu'il y avait déjà eu une piste à Notre-Dame-des-Landes pour accueillir des avions américains à la fin de la guerre, juste à la frontière de la Poche de Saint-Nazaire. Je n'avais jamais entendu parler de cette piste provisoire. Pouvez-vous me dire si elle a bien existé et comment elle a été utilisée? Je vous remercie. Cordialement. » 

Dès le lendemain, je réponds à cette requête, en lui expliquant qu’il a bien existé un petit aérodrome militaire à Notre-Dame-des-Landes en 1944-45, mais pour une seule raison: sa proximité immédiate avec les premières positions de défense allemandes de la poche de Saint-Nazaire. 

Voici ma lettre : 
« Monsieur, 

Je ne dispose pas de beaucoup d’éléments permettant d’alimenter votre article, sinon que je vous confirme qu’il a bien existé pendant toute la poche un petit aérodrome de campagne à Notre-Dame-des-Landes d’où décollaient les coucous d’observation américains qui venaient repérer le dispositif allemand de la poche. Une piste avait été aménagée sur un champ de 5 ha d’où décollaient les «mouchards» bientôt tellement redoutés des «empochés», sans doute plus même que des soldats allemands. Car, dès qu’on les voyait survoler la zone, on pouvait craindre de se voir bientôt arrosés d’obus. Les premiers obus tombent sur Guenrouët le 8 septembre 1944 mais ce n’est que le 7 décembre que le clocher sera abattu, comme nombre d’autres clochers et moulins du secteur, tous les points hauts de la zone pouvant servir de postes d’observation aux Allemands. Le clocher de Bouvron tombera le 18 novembre.

mardi 12 février 2013

1500 manifestant-e-s à Nantes, 500 à Saint Nazaire : la mobilisation sociale s'enracine !, suivi du discours de Didier Hude (FSU 44)


A l'appel de l'intersyndicale FSU, CGT, FO, SUD, 1500 enseignants et personnels de l'éducation se sont retrouvés devant la Préfecture de Nantes. Leur objectif : imposer le report de la réforme gouvernementale sur les rythmes scolaires (semaine de 4 jour et demi pour les enfants). 

Au même moment, 500 syndicalistes CGT se retrouvaient Place de l'Amérique Latine à Saint Nazaire pour dénoncer la politique gouvernementale d'austérité et de flexibilité et pour défendre l'emploi et les salaires. 

 Ces deux manifestations traduisent incontestablement un premier enracinement de la résistance sociale à la politique gouvernementale. Avec pour tous les manifestant-e-s, une certitude : avec Hollande-Ayrault, nous n'aurons que ce que nous imposerons !

Discours de Didier Hude, secrétaire de la FSU 44
Refonder la façon de penser la chose politique car la modernité technocratique, de thinck tanks en banch mark, n’est rien d’autre qu’une entreprise à embrigader par le dogme, à imposer l’austérité voulue des uns pour le profit des autres. L’Ecole en crève, comme le reste.

lundi 11 février 2013

Kenavo, Pierre - En hommage à notre camarade Pierre Gourmelon


Notre camarade, Pierre Gourmelon, est décédé Vendredi à l’hôpital de Brest. On savait qu'il avait de graves soucis de santé, même s'il était toujours très discret là-dessus. Mais nous étions loin d'imaginer que son cœur le lâcherait aussi brutalement. 

Nos chemins militants s'étaient rejoints dans les comités Juquin en 1988, dont il fut un militant actif en Finistère, et à l'Autre Gauche, expérience de rassemblement d'une gauche alternative à l'échelle départementale déjà vieille de plus de 20 ans. Puis ce fut l'aventure de Tous Ensemble à Gauche, portée par le succès de la liste du même nom lors des régionales de 1998. 

Militant des Alternatifs et de la FASE, il avait toujours des réflexions très pertinentes sur les questions dont nous débattions, une vraie vision politique d'avenir. Ses interventions étaient toujours pleines de bon sens et savaient ramener nos discussions aux fondamentaux d'une vraie politique de transformation. Il était aussi très attaché à la dimension bretonne du combat pour l'émancipation; à la culture régionale, bien sur, mais aussi aux bases économiques et sociales qui fondent une identité culturelle.

«Chokri Belaïd était un grand tribun des pauvres, des ouvriers et des femmes». Entretien de Jean-Luc Mélenchon au journal algérien El Watan

Jean-Luc Mélenchon dépose gerbe, au nom du Frontde Gauche,
sur la tombe de Chokri Belaid

Jean-Luc Mélenchon est le leader du Front de gauche en France qui regroupe 9 partis politiques de la gauche radicale. Lors de l’élection présidentielle française de 2012, il termine quatrième derrière Hollande, Sarkozy et sa première rivale politique Marine Le Pen, en totalisant 11,10% des voix. Né à Tanger en 1951, de parents originaires d’Oran et de Staouéli, ce philosophe de formation fait entendre la voix de la gauche radicale dans ses combats contre l’austérité en Europe. Au plan politique, sa philosophie est de privilégier les relations bilatérales franco-maghrébines. Ce qu’il nous explique dans ce long entretien, à la veille de la tournée maghrébine qu’il va entamer en Tunisie aujourd’hui, le 11 février, et qui le conduira au Maroc le 15 février. Demain (aujourd'hui lundi) il sera à Alger pour animer une conférence à l’Institut français. Avec une grande diplomatie et son franc-parler habituel, il défend ses positions politiques et appelle la gauche radicale algérienne et maghrébine à s’unifier autour d’un idéal commun. 

 - Le peuple algérien, notamment sa communauté établie en France, a découvert et admiré vos positions politiques lors de la présidentielle 2012. Plus de six mois après, quels enseignements tirez-vous de cette élection ? 

La campagne présidentielle du Front de gauche a fait émerger une nouvelle grande force politique en France, éduquée, autonome, disciplinée et conquérante. Pour la première fois depuis 30 ans, en rassemblant 4 millions de voix, une deuxième force politique de gauche a réalisé un score à deux chiffres. Au-delà de ce résultat électoral, notre campagne a lancé un processus d’implication populaire qui se prolonge et s’élargit aujourd’hui dans la résistance aux politiques d’austérité. Nous incarnons une alternative concrète aux politiques libérales qui détruisent le pays et appauvrissent le peuple. Cette alternative s’appuie sur une nouvelle synthèse politique que nous nommons éco-socialisme. Et sur la méthode de la révolution citoyenne qui veut que le peuple reprenne le pouvoir pour imposer l’intérêt général partout où règnent aujourd’hui les intérêts marchands et financiers. Notre programme sera au pouvoir en France avant dix ans. 

dimanche 10 février 2013

Notre Dame des Landes : la marche partie de Nice est arrivée !



Près d'un demi-millier de manifestants ce samedi square Daviais à Nantes pour accueillir la marche partie de Nice. 
Ce dimanche  le rendez-vous était dans la ZAD .... sous une pluie battante !


Le message de Michel TARIN :
"C'est avec beaucoup de regrets que je ne peux partager ce moment ici au square Daviais avec vous, mais après nos 28 jours de grève de la faim collective, je sors de 28 jours de chambre stérile et une carcasse un peu affaiblie.  Mais BRAVO pour votre exploit malgré la dureté de l'hiver et la longueur du parcours. Vous apportez un grand soutien à la lutte de Notre Dame Des Landes.  Je vous remercie toutes et tous pour les plus des 300 courriers et messages de sympathie et d'amitié que j'ai reçus depuis un mois et demi. 
Grâce à vous, ma tête reste dans la lutte et je suis sûr que nous allons conserver les terres de Notre-Dame-des-Landes, symbole de la préservation des terres nourricières pour les générations futures.
Ne lâchez rien". 
Michel TARIN, samedi 9 février 2013 

Hommage à Choukri Belaîd : près de 400 manifestant-e-s à Nantes



300 à 400 nantais-es, dont de nombreux tunisien-ne-s de Nantes, se sont retrouvés samedi 9 février Place Royale à Nantes pour dénoncer l'assassinat de Choukri Belaïd. La manifestation s'est terminée très symboliquement au monuments aux 50 otages.

jeudi 7 février 2013

La Tunisie en deuil. Manifestation samedi 9 février 16h Place Royale à Nantes


Mercredi 6 février 2013, à 7h50, à Tunis, Monsieur Chokri BELAÏD a été lâchement abattu de plusieurs balles devant son domicile, à proximité d'un commissariat de police. Chokri BELAÏD est né dans le quartier populaire de Jebel Djeloud à Tunis en 1964. Avocat de profession, il a prouvé son attachement aux valeurs démocratiques et républicaines en défendant chaleureusement les opposants au régime dictatorial de Ben Ali, notamment ceux d'Ennahdha, parti au pouvoir actuellement. 

Chokri BELAÏD a été parmi les premiers à soutenir les mouvements populaires de Redeyef en 2008. Il a aussi défendu les militantes et militants qui luttaient pour la dignité, le droit au travail et la justice. 

Chokri BELAÏD a créé le Parti Patriotique Démocratique Unifié et a appelé la gauche à s'unir - création du Front Populaire ; il était de plus en plus écouté par l'opinion publique. 

Le président du parti Ennahdha et le ministre de l'Intérieur n'ont pas cessé de le dénigrer, ce qui a incité ses ennemis à organiser son assassinat. Malgré des menaces de mort, le gouvernement ne l'a pas protégé. 

Nous condamnons cet assassinat. Nous demandons la vérité et une enquête judiciaire indépendante. Nous demandons au gouvernement français d'agir en ce sens. Manifestation : samedi 9 février 2013 à 16h, Place Royale à Nantes, en direction de la Préfecture, en passant devant le bureau de la République Tunisienne, rue Boileau. 

mercredi 6 février 2013

Pour une autre refondation de l’école - Grève nationale de l'Education mardi 12 février - Manifestation à Nantes, Préfecture, 11h


A près le bluff de la concertation estivale dont ont été exclus les élèves, les parents d’élèves à la base et les personnels de l’Education Nationale, le gouvernement laisse tomber le masque : une loi d’orientation très vague qui sera précisée au fur et à mesure par décret, donc sans aucun débat, comme viennent d’être signés les décrets sur les rythmes scolaires, le transfert aux régions de la carte de la formation professionnelle et de l’orientation qui démantèlent de fait l’Education Nationale. Des postes sont certes créés mais ces créations sont insuffisantes pour combler les suppressions opérées sous le quinquennat de Sarkozy , compenser les départs en retraite à venir, tenir compte de la démographie scolaire. Une lutte résolue contre l’échec scolaire nécessite d’autres moyens matériels et d’autres mesures autrement plus ambitieuses. 

Une autre refondation est nécessaire 

lundi 4 février 2013

Le MEDEF en rêvait : vont-ils le faire ? par Jean-Jacques Boislaroussie


Le gouvernement veut transcrire dans la loi le nouvel accord dit de « sécurisation de l’emploi » signé par trois syndicats (la CFDT, la CGC et la CFTC) et le patronat. Une telle loi favoriserait des accords d’entreprises permettant d’augmenter le temps de travail ou de baisser les salaires afin de « maintenir l’emploi ». Des accords de ce type ont déjà été signés dans quelques usines, mais une loi permettrait de généraliser les reculs sociaux. En d'autres temps, la social-démocratie allemande, avec Schröder, avait porté un projet cohérent de régression sociale : elle n'a pas fini d'en payer le prix. 

Le tir de barrage des experts et éditorialistes porte-voix du MEDEF contre le syndicat CGT de l'usine Goodyear d'Amiens Nord illustre bien l'enjeu. Gaëtan de Capèle dans le Figaro : "la fermeture de l'usine d'Amiens résume ce que le syndicalisme radical, retranché derrière une lutte des classes d'un autre temps, peut produire de pire. Parce que, pour s'être opposée à toute réorganisation, à tout plan de départs volontaires et pour avoir systématiquement fait échouer les solutions de reprise, la CGT a fini par condamner le site. Et parce que, au bout du compte, ce sont les salariés, bernés par une poignée d'extrémistes, qui vont payer l'addition." Pour Jean-Marc Sylvestre : "La fermeture annoncée de l'usine Goodyear restera comme la conséquence la plus cruelle de l'archaïsme syndical français soutenue par une démagogie politique particulièrement sophistiquée". 

Bref les syndicats sont invités, le pistolet de la fermeture des entreprises sur la tempe, à cautionner l'intensification du travail, le passage au 4X8, la baisse des salaires. Il est temps d'engager une riposte d'ensemble. 

Projet d'aéroport de Notre Dame des Landes : non merci ! Motion votée par le congrès départemental de la FSU

Dans le débat général considérant le « grand projet d’aéroport », à vocation internationale, de Notre dame des Landes, l’approche de la FSU est strictement syndicale. Elle repose sur des mandats syndicaux locaux ou nationaux. L’objectif recherché vise à porter appréciation sur un projet politique, social, économique et écologique qui va conditionner notre vie dans un avenir proche et plus lointain. En tant que composante du syndicalisme impliquée dans les enjeux de société, la FSU entend s’exprimer sans volonté d’instrumentalisation. 

Le congrès de la FSU de Loire-Atlantique porte une appréciation négative sur ce projet d’aéroport présenté comme devant se substituer à celui de Nantes Atlantique actuellement en service. Si l’aéroport actuel peut occasionner pour Nantes et une partie de son agglomération des nuisances sonores et des risques, le déménagement à Notre Dame des Landes présente des inconvénients et des incertitudes majeures qui sont à prendre en meilleure considération. 

Ce projet « d’Aéroport du Grand Ouest », affiché par ses différents promoteurs comme « moteur » de développement économique et d’emploi, en pleine crise financière et environnementale, minimise la question du tarissement des ressources énergétiques, ignore le recours à du fret ferroviaire, fluvial ou maritime moins polluant, ainsi que d’autres alternatives de transports.