samedi 16 juillet 2016

Sous le choc, par Clémentine Autain


La violence aveugle et meurtrière qu’un homme a déchaîné à Nice, ce 14 juillet, ne doit pas nous aveugler à notre tour. Au-delà de la douleur, il faut trouver des réponses qui ne soient pas seulement policières et sécuritaires, mais aussi humaines et humanistes. 

Nos pensées terriblement émues sont à Nice, avec les victimes et leurs proches. Le bilan est si terrifiant… 84 morts et 18 blessés graves. Un camion a fendu la foule, l’homme au volant a tiré avec un calibre 7.65, des dizaines et des dizaines de personnes venues fêter le 14 juillet sur la promenade à Nice ont péri. Cet acte de terrorisme fait suite à ceux que la France a connus depuis les événements de Charlie Hebdo et l’Hyper casher. 

[Attentat Nice] De l’urgence de se taire, par Denis Sieffert (Politis)


Difficile quand on est une personnalité politique de se taire. Difficile quand on est journaliste de ne pas montrer les images dont on dispose, même insoutenables, même indécentes. Il est pourtant parfois urgent d’attendre. 

La tragédie de Nice a encore illustré le risque de la précipitation qui le dispute bien souvent à la démagogie et au cynisme. Très vite, trop vite peut-être, on a entendu Christian Estrosi reprocher à François Hollande d’avoir annoncé jeudi midi la fin de l’état d’urgence. Puis, Nicolas Sarkozy juger « indispensable » la prolongation du même état d’urgence. Et encore Georges Fenech, député LR du Rhône, affirmer que « l’état d’urgence ne règle rien », et stigmatiser « l’impuissance de l’exécutif ». 

vendredi 15 juillet 2016

Le journalisme face à l’effroi, par Edwy Plenel, directeur de Médiapart


Le journalisme doit nous aider à réfléchir afin que nous ne cédions pas à l’effroi. C’est toute sa difficulté face à la tragédie des attentats : ne pas être indifférent à l’émotion générale et, surtout, à la souffrance des familles, tout en s’efforçant de maintenir le cap de la raison, de l’analyse et de l’enquête. Ce qu’Albert Camus appelait un « journalisme critique ». 

« On veut informer vite au lieu d’informer bien. La vérité n’y gagne pas. » Ce constat introduit l’un des tout premiers éditoriaux de Camus dans le Combat de la Libération, le 8 septembre 1944, alors que l’Europe est loin d’être libérée et l’Allemagne hitlérienne pas encore vaincue. 

L’horreur ! Communiqué d'Ensemble après l'attentat de Nice

 
Une fois de plus la France est touchée par un nouvel attentat. 
Notre pensée va d’abord aux victimes. 
Ensemble s’associe à la douleur de leurs proches. 
La sidération nous frappe. Les mots, quel que soit le sentiment qu’ils expriment semblent toujours en deçà de l’événement lui-même. 
Le temps est aujourd’hui au recueillement et à la solidarité. 

L’émotion qui nous emporte ne doit pas être utilisée pour faire accepter de nouvelles mesures de restriction des libertés dont l’expérience a montré que, mortifères pour la démocratie, elles sont inefficaces contre les attentats. 

Réaction après l’attaque au camion à Nice, par Jean-Luc Mélenchon


On aurait voulu que ce soit juste l’été et ses soirées dans la nuit douce. Juste un 14 juillet avec ses bals des pompiers et ses feux d’artifices, et aussi le bruit des choses simples. Et voilà le retour d’un de ces absurdes assassins, les cris et la mort. Maudit soit-il ! 

Alors on rentre en soi et laisse passer la vague d’émotion comme on a appris à le faire depuis qu’on a vécu toutes ces autres abominations. On lève les yeux sur le magasin des mots et on se demande lesquels choisir pour les offrir en pansement. 

jeudi 14 juillet 2016

60 parlementaires français veulent un référendum pour abolir les armes nucléaires


A la veille du 14 juillet, 60 députés et sénateurs appellent à abolir les armes nucléaires et proposent à leurs collègues une loi organisant un référendum sur la participation de la France à leur abolition. 

"Depuis décembre 2015, l’abolition des armes nucléaires est à l’ordre du jour de l’ONU. Un Groupe de travail ouvert aux gouvernements et aux ONG se réunit à Genève pour recommander à la prochaine Assemblée générale de l’ONU « les moyens de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire, aux fins de l’avènement définitif d’un monde sans armes nucléaires ». Mais la France et les autres Etats nucléaires ont boudé le Groupe de travail. 

mercredi 13 juillet 2016

On bloque tout ? Un premier bilan

 
Si ces quatre mois de mobilisation ont permis de remettre la question sociale sur le devant de la scène, ils ont aussi permis de constater les difficultés à donner sens et corps à l’action collective pour des centaines de milliers de salarié.e.s qui pouvaient « soutenir » la lutte sans pour autant franchir le pas de la grève. N'y a-t-il pas urgence à échanger sur nos pratiques syndicales ?

Lancé le 22 mars dernier, l’appel « On bloque tout ! » rassemble aujourd’hui 1675 signataires dont 135 structures syndicales en tant que telles. Sur l’ensemble des signataires, un peu plus de la moitié provient de Solidaires, près d’un tiers de la CGT. Viennent ensuite, par ordre d’importance, les signataires FSU, CNT, FO et CNT-SO. Enfin, une soixantaine de signataires se partagent entre CFDT, LAB, CNT-AIT, Confédération Paysanne, Unef, Fidl, UTG, STC, USP ainsi que des signatures internationales… Le collectif d’animation regroupe 16 camarades : 8 de SUD (aérien, éducation, PTT, rail) ; 4 de la CGT (correcteurs, étudiant.e.s, Livre, sociétés d'études) ; 2 de la CNT-SO ; 1 de la CNT ; 1 de la FSU-Émancipation.

L’enfermement des enfants en rétention doit cesser, par la CIMADE


Aujourd’hui, la France a été lourdement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. Celle-ci déclare à l’unanimité qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » pour l'enfermement des enfants en centre de rétention. Le gouvernement va-t-il enfin réagir ? 

Le 12 juillet 2016, la France a été lourdement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les cinq affaires concernent des familles enfermées avec des enfants mineurs entre 2011 et 2014 dans les centres de rétention de Toulouse, pour quatre d’entre elles, et de Metz. La Cour déclare à l’unanimité qu’il y a eu violation de l’article 3 de la Convention : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. »

mardi 12 juillet 2016

Loi Travail : la détermination reste intacte ! Déclaration commune CGT, FO, FSU,Solidaires, UNEF, UNL, FIDL


Les organisations syndicales de salarié-es et de jeunesse (CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL) ont pris acte et dénoncent la nouvelle utilisation du 49-3, véritable déni de démocratie, pour faire passer le projet de loi travail. C’est bien la preuve, si celle-ci était nécessaire, que ce texte de régression sociale reste minoritaire. 

Soutenues par une large majorité de la population, elles réaffirment leur opposition à ce projet et la nécessité de nouveaux droits pour les salarié-es, privé-es d’emploi, étudiant-es, lycéen-es, retraité-es. 

L’Europe, on la change ou elle meurt, par Clémentine Autain et Roger Martelli


Les électeurs britanniques ont voté majoritairement pour la sortie de l’Union européenne. Leur décision est souveraine. Elle était attendue. Elle provoque pourtant de la sidération. Modèle ou abomination ? Et si l’on réfléchissait autrement ? 

Plusieurs décennies d’obstination technocratique ont conduit l’Union européenne à l’abîme. On prétendait rassembler, et si possible sans limites. Six, neuf, douze, quinze, vingt-sept… L’Europe occidentale, puis méditerranéenne, puis centrale et orientale. Et pourquoi pas la Turquie, les ex-Républiques soviétiques et quel nouveau pays encore ? Or ce n’est pas tout d’élargir. Encore faut-il trouver le ciment, le moteur de régulation de cet immense et riche puzzle. 

lundi 11 juillet 2016

L'écologie politique est-elle soluble dans l'élection présidentielle ?, par Noël Mamère


La récente défection de Nicolas Hulot, qui ne sera donc pas candidat l’élection présidentielle de 2017, renforce la crise de l’écologie politique et nous oblige à repenser notre rapport à ce moment majeur de la vie politique française. 

En annonçant ce week-end l’organisation d’une primaire, Europe-Ecologie-Les Verts a rouvert la boite de Pandore, dont sortira une nouvelle candidature de témoignage. 

La question que je me suis posé, avant de renoncer à m’engager dans cette aventure sans lendemain, est bien celle-ci : une candidature écologiste sans processus de rassemblement, est elle crédible, utile et souhaitable ? Crédible ? Certainement pas. 

Brexit, élections en Espagne et en Italie : face à des dilemmes qui ne sont pas les nôtres, l’internationalisme en actes, par Yorgos Mitralias


A première vue, rien ne semble relier le Brexit britannique aux récentes élections en Italie et en Espagne, la crise sans précédent du Labour britannique à la « cosmogonie » américaine de Berni Sanders. 

Les grands événements de cet été 2016 semblent n’obéir à aucune logique et n’être explicables que comme une manifestation de plus de ce que d’habitude est appelé… « la crise » de notre temps ! En d’autres termes, confusion totale et évidemment, angoisse et terreur devant l’inconnu… 

Et pourtant, tous ces événements plus ou moins cataclysmiques des dernières semaines obéissent a une « logique interne ». Ils ont un dénominateur commun qui leur donne un sens et les rend compréhensibles. 

dimanche 10 juillet 2016

Notre-Dame-des-Landes : très forte mobilisation pour le 16ème rassemblement estival !


On ne pouvait espérer meilleure réponse à la consultation que cette mobilisation exceptionnelle et déterminée, avec la présence sur les 2 jours de plus de 25 000 personnes dont certaines venant à Notre-Dame-des-Landes pour la première fois. 

Ce rassemblement a été marqué par la sérénité et la cohésion dans la lutte. 

De quoi Rocard est-il le nom ?, par Noël Mamère. Suivi Pierre Joxe, puis Francis Sitel

Michel Rocard incarnait une gauche morale, libérale et sociétale. Nous avons besoin aujourd’hui d’une gauche sociale, écologiste, libertaire, qui s’impose face à la fausse gauche managériale du capitalisme financier.
Michel Rocard était un homme politique qui avait le courage de ses convictions et qui disait ce qu’il pensait, qualité rare à notre époque où la communication politique a remplacé la pensée. Haut fonctionnaire, il fut pourtant militant toute sa vie, défendant des causes qui suscitèrent les divisions de la gauche : l’anticolonialisme, l’autogestion, l’Europe, l’écologie. Quoi que l’on pense de ses idées, il voulait convaincre et influencer, alors que d’autres se contentaient de chercher des clientèles. 

NDL : Nous avons perdu la consultation du 26 juin, oui. Avons-nous perdu tout droit à nous opposer ? Non, par Françoise Verchère


Depuis le 27 juin, on entend en boucle cette critique prévisible : «  Vous avez perdu, vous devez respecter le suffrage universel, vous portez un mauvais coup à la Démocratie en continuant votre opposition. »

Cette réaction n'est pas étonnante, elle paraît même au premier abord « logique », mais pour ne pas rester à la surface des choses, la pensée mérite toujours un peu de temps, de raisonnement et plus de 140 caractères… Essayons donc d'y voir plus clair.