mercredi 4 octobre 2017

Quand la liberté s’éteint en silence, par Edwy Plenel (Mediapart.fr)

L’Assemblée nationale a adopté, mardi 3 octobre, le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. En faisant entrer dans le droit commun l’état d’urgence, une majorité de députés, socialistes compris, a ainsi choisi de sortir la France de l’État de droit.

Un État de droit est celui dont le droit protège n’importe lequel de ses résidents de l’arbitraire de l’État. C’est un État mis à l’abri de l’absolutisme administratif ou policier. C’est un État où l’État est subordonné à des règles de droit qui lui sont supérieures et qui s’imposent à son action. C’est un État dont les citoyens sont en sûreté parce qu’ils sont assurés de ne pas être livrés aux abus de pouvoir étatiques. C’est en somme un État où l’État ne fait pas la loi.

Ouh là là, comme ils sont énervés tous les partisans de NDDL ! , par Françoise Verchère, co-présidente du CéDpa

Philippe Grosvalet menace d’aller en justice, car « avec ou sans E.Macron l’aéroport se fera ! ». « Le Président n’est pas au dessus des lois », ajoute-t-il. Certes, mais il nous semblait que l’aéroport était un projet d’État et que donc l’État seul pouvait décider de sa poursuite ou de son abandon, non ? Et de quelle loi exactement parle P. Grosvalet ? Mystère… 

Décidément très en verve, le même P. Grosvalet affirme qu’il faut absolument une ligne ferroviaire digne de ce nom entre Nantes et Rennes, qui passerait par… NDDL bien sûr. Aurait-il oublié qu’il avait lui-même à l’automne 2014 regretté (en off, certes, à la table du déjeuner suivant la session) que viennent en débat public les fameuses Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de Loire, dans lesquelles s’insérerait cette ligne, jugeant alors que tout cela était programmé entre 2030 et 2050 et qu’il était bien inutile d’en parler en 2014 ? Ne serait-il pas temps de reconnaître que la liaison tram-train Nantes-Châteaubriant n’a pas été pensée intelligemment ? Mais peut-être ne veut-il pas faire de peine à Jacques Auxiette, ancien président de la région, et à Gilles Bontemps ancien vice-président communiste, qui se sont « arrangés » avec la commande publique mais qui pourfendent avec ardeur les « hors la loi » de NDDL ? (cf article de Médiacités du 20 septembre 2017) 

mardi 3 octobre 2017

Procès Merah : ni oubli, ni pardon, par Robert Hirsch

5 ans après les meurtres de Montauban et Toulouse, le frère de Merah est jugé pour complicité. En mars 2012, un mois avant l'élection présidentielle, Mohamed Merah assassinait 3 militaires à Montauban, répondant aux exhortations du terrorisme islamiste. Et, quelques jours plus tard, dans une école juive de Toulouse, il massacrait un enseignant et trois enfants. Un de ceux-ci, une petite fille de 8 ans s'étant enfuie, l'assassin la tint par les cheveux avant de la tuer, montrant ainsi sa rage antisémite. 

Dans les jours suivants, si une certaine émotion saisit le pays, elle ne provoqua, à l'exception de Toulouse, nulle manifestation de masse. A Paris, 4000 personnes défilèrent, sans l'extrême gauche, peu pressée de dénoncer l'antisémitisme quand il ne vient pas de l'extrême droite, et ce depuis le début des années 2000. On est loin des manifestations massives que connut la France après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic en 1980 ou après la profanation au cimetière juif de Carpentras. 

lundi 2 octobre 2017

Entre le gouvernement espagnol et la Catalogne, l’histoire d’une séparation, par Richard Neuville

Le référendum organisé dimanche par les forces indépendantistes catalanes, ainsi que la féroce répression qui s’en est suivie, trouvent leur explication dans la lente dégradation d’un processus qui avait démarré de manière favorable dans les années 2000, avant de se heurter aux refus réitéré de toute forme de concession de la part du gouvernement central. Les revendications catalanes sont alors progressivement passées d’une autonomie négociée, à une volonté d’indépendance pure et simple. Celle-ci ne peut être que renforcée par les événements des derniers jours. 

L’auteur de cette tribune, Richard Neuville, est militant syndical et politique et co-animateur de l’association Autogestion. 

«Catalogne: non à la répression! Oui au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes! Soutien à la grève du 3 octobre!»

Par le Réseau syndical international de solidarité et de luttes 

Depuis des semaines, l’Etat espagnol use de menaces et de répression en Catalogne. Interventions de la Guardia civil dans nombre de bâtiments officiels de la Generalitat de Catalunya, arrestations de responsables de l’administration et de ministres, harcèlement, violence et emprisonnement de militants et militantes de divers mouvements sociaux et politiques, lieux de vote pris d’assaut et interdits à la population, urnes volées, tirs sur des manifestants et manifestantes pacifiques… 

Les événements actuels montrent à quel point le spectre du franquisme est encore présent. 

Catalogne : le droit à l'autodétermination du peuple est un droit inaliénable !, par Ensemble!

Après avoir refusé de négocier catégoriquement depuis des années, le gouvernement espagnol a opté pour la répression policière et judiciaire afin d’empêcher la tenue du référendum catalan du 1er Octobre dans de bonnes conditions et pour discréditer la volonté populaire et souveraine du peuple. 

Depuis le 20 septembre, l’escalade répressive et judiciaire est allée crescendo : perquisitions dans les bâtiments du gouvernement catalan, arrestation de 14 hauts responsables, saisie de matériel de vote, envoi de 5 000 policiers et militaires, remise en cause de l’autonomie de la police catalane, les Mossos, en la plaçant sous l’autorité directe d’un colonel de la Garde Civile, fermeture de 160 sites internet officiels et mise sous tutelle des finances de la Generalitat de Catalogne en raison du risque de financement du referendum. De plus, le parquet général a ordonné la mise sous scellés de 2 700 bureaux de vote à partir de vendredi 29 septembre. 

dimanche 17 septembre 2017

Partout en France, marchons pour la Paix le samedi 23 septembre. Nantes, 11h devant le Monument aux 50 Otages

Partout en France le samedi 23 septembre 2017, marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix ! 

En marche pour la paix – Stop la guerre – Stop les violences 

L’aspiration des peuples à vivre ensemble en paix dans la solidarité, la justice et la fraternité est immense. Nous sommes persuadés qu’aucune de nos différences de convictions, d’appartenance ou de sensibilités philosophiques, politiques, religieuses, syndicales ou autres ne doit faire obstacle à l’expression de cette aspiration commune. 

12 et 23 septembre : conjuguer le politique et le social, par Roger Martelli (Regards.fr)

Septembre sera marqué par le grand retour de la lutte sociale. Après la tumultueuse séquence électorale, la rue va s’exprimer. Non sans contradictions.

Une fois de plus, la rue parisienne grondera les 12 et 23 septembre prochain, le 12 à l’appel de syndicats, le 23 à celui de la France insoumise. C’est la manifestation du 23 qui provoque des débats souvent vifs. Beaucoup de syndicalistes manifestent leurs réticences, voyant le risque d’une récupération politique. Rien ne va plus entre Mélenchon et Martinez ? Les syndicalistes ne veulent pas être à la remorque d’une formation politique .

En fait, il faudrait savoir raison garder. Tout d’abord, le problème n’est pas nouveau. Le 16 octobre 1999, par exemple, le PCF de Robert Hue avait programmé une manifestation pour l’emploi. Elle ne fut pas du goût des syndicalistes. La CGT ne voulut pas y appeler et, dans l’ensemble, les rencontres officielles entre politiques et syndicalistes restèrent polies, mais peu chaleureuses. Il n’est donc pas nécessaire, pour comprendre la tension actuelle, d’y voir un nouvel épisode des tensions entre le PC et la France insoumise. Le problème est plus ancien et bien plus profond qu’une querelle de préséance.

mardi 12 septembre 2017

Près de 20 000 manifestant-es en Loire-Atlantique pour le retrait des Ordonnances Loi Travail

A l'appel de l'intersyndicale CGT, Solidaires, FSU, UNEF, rejoint en fin de semaine dernière par l'UD FO 44, trois manifestations étaient organisées ce mardi en Loire-Atlantique. 

Ce matin ils étaient près de 5 000 manifestant-es à Saint Nazaire et cet après-midi près de 15 000 à Nantes, auxquels s'ajoutent les 200 de Châteaubriant. Sans conteste c'est une mobilisation réussie, par son nombre et son dynamisme, qui témoigne du refus du recul social contenu dans les ordonnances ... et de l'usure à vitesse grand V de Macron et de son gouvernement. Prochaines étapes le 21 septembre, puis à Paris le 23.

lundi 11 septembre 2017

Loi travail 2 (XXL) : pour annuler 1936, 1945, 1968, 1981… dimanche 10 septembre 2017, par Christian Mahieux*

Les dispositions antisociales de la loi Travail 2 sont nombreuses. La CGT, l’Union syndicale Solidaires, la CNT-SO, mais aussi le Syndicat des Avocats de France, le Syndicat de la Magistrature ou encore la Ligue des Droits de l’Homme ont produit des analyses pertinentes et complètes. Nous nous attarderons ici sur le seul volet relatif au fait syndical. 

Il comprend deux aspects : 

 1° la disparition des instances représentatives du personnel CHSCT, DP et CE [1], remplacées par un Comité Social et Economique aux contours encore incertain mais dont il est déjà acté qu’il entérinera la suppression de plusieurs attributions et droits des délégations actuellement existantes ; 

 2° l’extension des moyens donnés à l’employeur de contourner les sections syndicales d’entreprise, pour imposer des mesures, même très majoritairement refusées par celles-ci. 

samedi 9 septembre 2017

« Á nous d’aider la contestation à grandir », entretien de Clémentine Autain. Siné Hebdo (septembre 2017)

Élue députée à Sevran (93) avec le soutien du PC et de La France insoumise, Clémentine Autain siège à l'Assemblée au sein du groupe de Jean-Luc Mélenchon. 

Vous êtres dix-sept députés La France insoumise sur 577. Comment comptez-vous peser à l'Assemblée ? 

Le sentiment qui domine, dans notre groupe, c'est la responsabilité. Nous sommes sousreprésentés par rapport à notre poids politique dans le pays. Nous devons faire entendre les voix de nos électeurs dans l'hémicycle. On sera aussi dans la rue, dans l'espace public, mais nous devons utiliser à plein l'Assemblée. 

Vous êtes contente de vos débuts ? 

Nous intervenons sur chaque texte. À l'Assemblée, le débat se joue entre La République en marche et nous. La droite est complètement démonétisée : sur la loi Travail, ils sont d'accord, sur la loi de moralisation, que peuvent-ils dire ? Les socialistes sont devenus un petit groupe, pas très cohérent de surcroît... Notre enjeu est de sortir les débats de l'hémicycle. Les réseaux sociaux relaient bien nos interventions, les questions impertinentes de François Ruffin, ou Alexis Corbière qui sort pour 5 euros de boîtes de conserve... La partie ne se joue pas dans l'Assemblée. En revanche, si ce qu'on y fait est populaire, est compris et repris à l'extérieur, alors nous sommes fidèles à nos engagements. 

lundi 4 septembre 2017

Le fantôme de l’affaire Cahuzac habite à l’Elysée, par Edwy Plenel (Mediapart.fr)

Relayant les communicants de l’agence Havas, le journaliste qui s’est acharné à combattre la vérité lors de l’affaire Cahuzac, en 2012-2013, est devenu, cette semaine, le porte-parole de la présidence de la République. Une nomination qui confirme le peu de goût de la présidence Macron pour l’information libre et indépendante. 

Bruno Roger-Petit est de ces plumes mercenaires qui, depuis que le journalisme existe, en illustrent la part de servilité ou d’aveuglement, au service de puissances politiques, étatiques ou économiques. 

N’ayant aucune information originale, obtenue par le reportage ou l’enquête, à son actif, il ne s’est vraiment fait connaître que sur le seul registre de l’opinion, de l’éditorial ou du commentaire. Le qualificatif vieilli de « publiciste » lui convient bien, désignant un journaliste qui ne fait commerce que de ses partis pris et des intérêts qu’ils servent, de même que des publicitaires servent des annonceurs et leurs réclames. 

vendredi 1 septembre 2017

Libération immédiate de Salah Hamouri. Rassemblement à Nantes lundi à 18h

Rassemblement lundi 4 septembre à Nantes 18h Préfecture 

Salah Hamouri a été arrêté mercredi 23 août dernier au petit matin à son domicile de Jérusalem-Est dont l'annexion n'est reconnue par aucune instance internationale. Aucun motif n'a été fourni, ni pour cet enlèvement, ni pour la perquisition de son domicile. 

Marié à une Française et français lui-même, avocat à l’université de Bir Zeit, en Cisjordanie, il a déjà été emprisonné sept ans par Israël en raison d'une accusation mensongère de « volonté d'assassinat » du rabbin Ovadia Yosef, fondateur du parti religieux Shass, grand défenseur de l’occupation et de la colonisation, aujourd’hui décédé. 

Ordonnances Code du travail : les réactions de la CGT et de Solidaires

Moins de droits pour les salariés, plus de pouvoirs pour les employeurs, 
par la CGT

Le gouvernement vient de nous proposer dans la droite ligne de ses prédécesseurs une énième réforme du droit du travail partant du principe que le travail est un coût, alors qu’il produit les richesses. 

Cette loi va se rajouter aux précédentes sans même les avoir évaluées et pour cause, elles sont inefficaces. Pourtant, lors de sa première rencontre avec le gouvernement, la CGT a fourni 14 pages de propositions pour que notre pays engage de réelles réformes afin de sortir de cette spirale qui nous enfonce dans un chômage de masse. 

Pour rappel, si on comptabilise l’ensemble des catégories A-B-C-D et E, ce sont plus de 6,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle Emploi que comptera la France, auxquels s’ajoutent des millions de précaires, de salariés à temps partiel imposé, dont une majorité de femmes et de jeunes. 

" Des régressions travesties en mirages" - communiqué départemental Loire-Atlantique CGT, FSU, Solidaires, UNEF

La stratégie du gouvernement Macron, qui entretient les faux semblants en confondant « concertation « et dialogue social », vise à légiférer dans le secret des dieux. Depuis des décennies les gouvernants obéissent aux mêmes doctrines financières internationales : déréglementer toujours plus au profit des lobbies, de leurs patrons et de leurs actionnaires. 

La nature comptable est au pouvoir, oublieuse des principes fondateurs de la protection sociale. Elle affiche désormais, par ordonnances, son tempo de rentrée. Le programme le plus dur du MEDEF y est repris. Malgré quelques « préservations » d’acquis obtenues ici et là, la ligne est figée avec un programme qui dégrade et aligne les droits des salariés, des retraités, des privés d’emploi et des jeunes. 

La Code de travail Pénicaud prolonge la Loi El Khomri. Il prépare la contre-réforme pour détruire les solidarités, flatter la mise en concurrence individuelle et collective comme projet de société.