dimanche 30 avril 2017

À nos amis de gauche qui deviennent fous, par Michel Broué

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde
(Brice Parain, ami d'Albert Camus) 

Ce titre (« À nos amis de gauche qui deviennent fous ») est celui d'un article paru dans Le Monde du 18 avril 2002. Je trouvais « fous » ceux qui se préparaient à disperser leurs voix plutôt que de se concentrer sur le vote Jospin. 

Aujourd'hui la « folie » dont je parle n'est pas de même nature. On devient fou de déception, fou d'incertitude, voire fou d'inquiétude. Et aussi, fou de devoir encore et encore voter « contre », fou de se demander si « être contre » nécessite ce vote crève-cœur.

samedi 29 avril 2017

Nantes, un bastion socialiste partagé entre les votes Macron et Mélenchon, par Christophe Batardy et Jean Rivière

Nous vous invitons à lire ci-dessous une analyse du vote à Nantes publié sur le site Metropolitique.

Quelques jours après le premier tour de la présidentielle, deux géographes proposent une première analyse des dynamiques électorales à Nantes. Dans ce laboratoire du socialisme municipal, si les votes au centre et à gauche dominent la scène locale, ils dessinent également des lignes de partage que les vifs conflits locaux suscités par le quinquennat Hollande ont contribué à structurer.

vendredi 28 avril 2017

Le supplice Macron, par Laurent Mauduit (Mediapart.fr)

L'appel au vote Macron fonctionne comme un supplice chinois. Car le candidat d’En Marche a l’insupportable talent d’alimenter, chaque jour un peu plus, les raisons que l’on aurait de ne surtout pas voter pour lui, tellement il incarne un projet de régression sociale. Et chaque jour un peu plus, il donne du crédit à la possibilité d'une catastrophe démocratique. Ce qu'il faut à tout prix éviter. 

Pour quiconque a des valeurs ancrées à gauche et rêve d’une République démocratique et sociale, le vote Macron fonctionne comme un supplice chinois. Car le candidat d’En Marche a l’insupportable talent d’alimenter, chaque jour un peu plus, les raisons que l’on aurait de ne surtout pas voter pour lui, tellement il incarne un projet de régression sociale, tellement aussi il symbolise ce système oligarchique français qui anémie notre démocratie. Mais c’est comme une terrible et implacable fatalité : le rejet légitime que suscite cette candidature, l’aversion quasi-viscérale qu’elle engendre dans ce qui reste du « peuple de gauche » rend aussi chaque jour un peu plus possible l’insupportable perspective d’une victoire de la candidate néo-fasciste du Front national.

Le grand chambardement, par Denis Sieffert (Politis)

On aurait tort de croire que la fuite des dirigeants socialistes vers Macron relevait seulement de la trahison ; elle opérait une recomposition amorcée depuis longtemps dans les esprits. 

En apparence, les leçons de ce premier tour de présidentielle sont simples. En haut de l’affiche, au rang des vainqueurs, figurent évidemment les deux finalistes. La candidate du Front national, et un homme, Emmanuel Macron, heureux bénéficiaire d’un concours de circonstances. 

Il y faut ajouter un troisième nom, à nos yeux tout aussi évident, celui de Jean-Luc Mélenchon. Sa défaite électorale est une incontestable victoire politique. Toute recomposition à gauche devra nécessairement passer par lui. 

jeudi 27 avril 2017

Redire la vérité sur le Front National, par Regards.fr

Alors que la confusion se répand dans cet entre-deux tours, il faut rappeler la vraie nature du FN. Et, avant de mener l’opposition à Macron, faire en sorte que le refus absolu de l’extrême droite l’emporte le 7 mai, le plus largement possible. 

Marine Le Pen est arrivée au second tour de l’élection présidentielle et elle est en tête dans plus de la moitié des villes de France. Elle réunit un record de suffrages : 7,7 millions d’électeurs se sont portés sur son nom. Elle a engrangé deux millions de voix supplémentaires durant le quinquennat Hollande-Valls. 

Pour une fois, le Front national a trouvé une vraie opposition dans le projet d’un autre "grand candidat". Jean-Luc Mélenchon a poursuivi son engagement de tout temps contre le FN. Il a su le contrer en parlant au cœur et à la raison par la qualité de ses arguments, la cohérence et l’espoir humaniste de son propos. 

mercredi 26 avril 2017

Mélenchon à 19,5 %, un tremplin pour demain, par François Ruffin

19,5 %, c’est excellent. Hourra au candidat. Bravo à son équipe. Désormais, nous sommes la gauche ! Pas « la gauche de la gauche », pas « la gauche radicale », encore moins « l’extrême gauche », « la gauche » tout court, toute simple, simplement parce que nous n’avons pas dérivé sur le radeau des naufragés de la pensée, entraîné par les seuls courants du marché, de la mondialisation, du conformisme. 

Je l’écrivais par avance, la semaine dernière : « Notre gauche à 15, 16, 17 %, c’est déjà énorme. C’est déjà plus que, avouons-le, je ne croyais, je n’espérais. Quoi qu’il advienne, second tour ou pas, troisième place ou pas, Jean-Luc Mélenchon a remis notre gauche debout, sur les rails, prête à affronter les puissances d’argent, l’Europe des marchands, plaçant en son cœur l’environnement.

lundi 24 avril 2017

Changer pour ne rien changer ? Mais battre l'extrême droite, par Noël Mamère

L’élection présidentielle est décidément la « mère des batailles ». Contrairement aux pronostics, elle est toujours celle qui mobilise le plus. L’abstention n’est pas en hausse. Les affaires n’ont pas dégouté les Français. Mais elle est en même temps, le triangle des Bermudes des illusions perdues. 

Après un quinquennat, où l‘ennemi était censé être la finance, voilà qu’un représentant de cette même finance va être élu Président. Ce triomphe de la maxime du Comte de Lampedusa : «Tout changer pour ne rien changer» a quelque chose de désespérant. Pour ma part, ayant vécu, en première ligne, le 21 avril 2002, je suis abasourdi par ce nouvel échec de la démocratie, mais, comme au soir de cette funeste journée, j’appelle à voter Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrême droite encore plus forte qu’il y a quinze ans. Face à une telle situation, il n’y a pas d’hésitation possible et pas besoin d’attendre je ne sais quelle « consultation » des électeurs. Quand l’urgence démocratique est là, on répond aussitôt présent. Mais ce premier tour n’est pas seulement un mauvais remake d’il y a 15 ans ; il pose aussi les bases d’un bouleversement politique historique :

Bilan du 1er tour, entretien avec Roger Martelli


La gauche est vivante, par Roger Martelli (Regards.fr)

Les résultats sont tombés, sans grande surprise. Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’affronteront au second tour. Mais le résultat de Jean-Luc Mélenchon ouvre une nouvelle page dans l’histoire de la gauche : premières analyses.


Des analyses plus fines seront proposées une fois entrées les données locales du vote. Les réflexions qui suivent restent donc très générales. Elles s’appuient sur les seules estimations fournies par les instituts de sondage et les résultats partiels fournis par le ministère de l’Intérieur (à minuit).

1. La gauche était annoncée en déroute et la droite piaffait, persuadée qu’elle tirerait les marrons du feu. Le résultat est plus complexe qu’elle ne l’entendait. Si l’on additionne les voix d’Arthaud, d’Hamon, de Mélenchon et de Poutou, on obtient tout juste 27,3 % contre 48,6 % pour la droite. Mais si l’on tient compte qu’une part des voix de Macron provient de la gauche [1], on se trouve plutôt dans un rapport autour de 42-58 %.

dimanche 23 avril 2017

Battre Le Pen le 7 mai, construire une gauche digne de ce nom

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont les seuls candidats restant en lice au second tour le 7 mai. La gauche est éliminée, et malgré l’espoir soulevé par la campagne populaire et massive de JL Mélenchon, dans laquelle était impliqué le mouvement Ensemble !, JL Mélenchon ne sera pas présent au second tour. 

Le score de Jean Luc Mélenchon avec 19 % des voix constitue évènement considérable. Il démontre la vitalité, à gauche, des aspirations au progrès social, à la préservation de l’environnement, au renouveau démocratique et notamment au passage à la 6ème République pour en finir avec le présidentialisme. 

Il faut désormais empêcher une victoire de l’extrême-droite qui ferait courir un grave danger aux libertés fondamentales, aux droits démocratiques et sociaux, ce d’autant plus que la constitution de la cinquième République donne des pouvoirs considérables au président. 

vendredi 21 avril 2017

Jean-Luc Mélenchon : le soutien de Catarina Martins et Marisa Matias, dirigeantes du Bloc de gauche Portugais

Jusqu'au bout du suspense, par Roger Martelli (Regards.fr)

Cette fois, nous y sommes. Les urnes dénoueront dimanche l’incroyable imbroglio d’une longue année pré-électorale. Dans l’instant, on ne sait qu’une chose : rien ne sera plus comme avant.

Il y eut dans le passé des élections présidentielles que l’on pensait décisives, dès le début, et qui l’ont été : ce fut le cas en 1981. Il y en eut d’autres qui furent des surprises totales, comme celle de 2002. Celle de 2017, elle, semblait jouée par avance. La gauche était enlisée par un quinquennat désastreux. On attendait une percée spectaculaire du Front national et, tout naturellement, une victoire de la droite. On se préparait même, bon gré mal gré, à un remake caricatural de 2012. Nicolas Sarkozy avait repris en main l’UMP et le PS cherchait à mettre en selle, au nom du vote utile, un des ténors de l’exécutif, si possible François Hollande, à défaut Manuel Valls. Dans les deux camps, des primaires étaient organisées, pour donner le plus de légitimité possible aux candidatures censées être les plus efficaces contre une Marine Le Pen sûre de parvenir au second tour.

«Faire gagner la gauche passe par le vote Mélenchon»

Autour de l'écrivaine Annie Ernaux, des écrivains, artistes, cinéastes et intellectuels appellent à voter Jean-Luc Mélenchon pour « faire gagner la gauche et faire battre la droite et l'extrême-droite ». Tout en précisant qu'ils ne sont pas « le petit doigt sur la couture du pantalon » et qu'ils ont ou auront des divergences avec le candidat de la France insoumise. 

Nous nous inscrivons dans la lignée de ceux qui ont combattu dès son origine les institutions monarchiques de la Vème République. Et parce que nous avons une haute idée de la démocratie, nous considérons que pour la faire vivre, il est nécessaire qu'une critique radicale du capitalisme soit possible : de sa domination économique, politique, mais aussi culturelle, cognitive, psychologique. 

Nous sommes écœurés par la désinformation et la censure qui sévit partout (et notamment la caricature du programme de Jean-Luc Mélenchon et des Insoumis), orchestrée par les propriétaires de la plupart des moyens d'information. 

« Ces quelques heures peuvent être décisives », par Pauline Graulle (Politis.fr)

Pour son dernier discours de campagne de premier tour, Jean-Luc Mélenchon, aux côtés de Pablo Iglesias et Marisa Matias, s'est fait le candidat de « l'Europe insoumise ». Son dernier mot : « Adios ! » 

Pour son ultime jour de campagne, Jean-Luc Mélenchon a prononcé un discours résolument européen, empli de chaleur et d'émotion. C'est en petit comité, devant quelques centaines de personnes réunies en haut du parc de Belleville, à Paris, pour un « apéro insoumis » sous le soleil, que le leader de la France insoumise a mis, vendredi, un point final à sa campagne de premier tour. 

Pourquoi je vote et je ferai voter jusqu'au bout pour Jean Luc Mélenchon, par Myriam Martin

Ce dimanche 23 avril nous allons pouvoir voter « utile », pour un candidat qui propose un programme, un projet, en faveur de la majorité de la population. C'est à dire un projet qui concerne les salarié-e-s, les précaires, les chômeurs-ses, les retraité-e-s, les jeunes. 

Un projet qui privilégie l'intérêt général à celui particulier des plus riches et des plus puissants. Un projet qui explique qu'une alternative est possible, qu'il n'est pas inéluctable de subir la disparition des acquis sociaux, des services publics, la destruction programmée de la planète, une autre société est possible, un autre horizon est atteignable. 

A l'heure actuelle, la réaction, les représentants des puissances et des plus riches mais aussi les supplétifs des classes dominantes, supplétifs qui dirigent aujourd'hui le pays et qui présentent un bilan calamiteux, une partie des médias, se déchaînent contre Jean Luc Mélenchon.