jeudi 4 mai 2017

Je voterai Macron....malgré lui, par Myriam Martin, co-porte-parole d'Ensemble !

Dimanche prochain j'irai voter. Je glisserai dans l'urne le bulletin de vote Emmanuel Macron. Ce choix n'est nullement guidé ou influencé par des pressions extérieures. Bien au contraire. 

Le déchaînement par médias interposés, de ceux et celles qui invectivent les électeurs et électrices susceptibles de s'abstenir ou de voter blanc, face au danger Le Pen, a quelque chose de particulièrement scandaleux. En effet l'affolement qu'ils expriment n'est ni sérieux, ni crédible. 

Cela fait un an que les sondages se succèdent et affirment de manière continue un score élevé de Marine Le Pen, l'ayant placé bien souvent en tête de tous les candidats potentiels. Et même si Marine Le Pen n'est pas arrivée en tête au premier tour des présidentielles, sans surprise malheureusement elle s'est qualifiée pour le second tour.

Un débat extrêmement médiocre, par Michel Soudais (Politis)

Le duel télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, n’aura été de bout en bout qu’un pugilat consternant, ignorant les enjeux essentiels de cette élection présidentielle.

Notre démocratie méritait-elle cette confrontation décousue, pauvre en propositions et en projets mais riche en attaques ad hominem et noms d’oiseaux ? Tout au long des 2h30 de ce « débat », si tant est que l’on puisse l’appeler ainsi, les électeurs ont  assisté à une dispute de bas niveau dans laquelle aucun des protagonistes n’aura véritablement exposé son projet. Marine Le Pen parce que son principal objectif, manifeste dès les premières secondes, était de parler de son adversaire ramené à ses fonctions passées de « conseiller » et de « ministre de François Hollande », ce qui lui permettait d’attaquer ce qu’elle a présenté comme son « bilan » et de le qualifier à plusieurs reprises de « socialiste ». Emmanuel Macron parce que les attaques ad hominem de son interlocutrice lui ont épargné de rentrer dans le détail de son programme et d’en justifier les options puisqu’il lui suffisait de constater que celle-ci ne « propose rien ».

mercredi 3 mai 2017

Lettre à mes amis de la France Insoumise, par Roger Martelli (Regards.fr)

Certains d’entre vous savent que mon engagement aux côtés de Jean-Luc Mélenchon est tout aussi dénué de complaisance qu’il est amical, solide et ancien. J’ai apprécié la vigueur et la fraîcheur de votre combat depuis plus d’un an. J’ai noté que celui que l’on accuse si souvent de césarisme vous a laissés, librement, exprimer votre opinion. Vous avez été très nombreux à le faire et votre avis n’est pas pour moi insignifiant. 

Deux tiers d’entre vous se sont portés vers l’option d’une abstention ou d’un vote blanc. Je tiens à vous dire, très fraternellement, pourquoi un choix en ce sens ne peut pas être le mien. 

Second tour des élections, Battre Le Pen : une urgence absolue, appel de la co-présidence du MRAP

Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, notre mouvement a exprimé sa grande inquiétude. A 5 jours du second tour, celle-ci ne cesse de croître. La candidate du Front National est aux portes du pouvoir, la possibilité qu'elle soit élue dimanche prochain n'est pas à exclure. 

Cette présidentielle est l’élection de toutes les surprises. Et souvenons-nous, d’après les sondages, jamais Trump n’aurait dû être Président des Etats-Unis, jamais le Brexit n’aurait dû l’emporter… et pourtant ! 

mardi 2 mai 2017

Un choix «physique», par Benjamin Stora

Les jeunes des populations maghrébines et africaines font un choix « physique » pour le vote Macron. Un choix de survie face à la haine. 

La gauche classique française (gauche de la gauche principalement) commet encore la même erreur. Elle attribue la montée en puissance du Front national par des effets de politique et sociale, comme facteur exclusif. Elle ne voit pas, ou ne veut pas voir, que ce qui fonde la force du Front national aujourd’hui, comme hier, n’est pas simplement la crise sociale, mais la « question de l’immigration », « la préférence nationale ». 

Battre Le Pen dans les urnes et dans la rue!, par Michael Lowy

Le mot d'ordre proposé par certains camarades, "Pas un seul vote pour Marine Le Pen", n'est pas suffisant. On peut "ne pas voter" MLP en votant blanc ou en s'abstenant, en allant à la pêche, etc. On ne vote pas pour elle, mais on ne fait rien pour l'empêcher d'être élue... Si on veut vraiment la battre, il faut mettre un bulletin avec le nom de son rival. 

"Battre le Pen dans les urnes et dans la rue !" : ce fut, en 2002, le mot d'ordre de la Ligue communiste révolutionnaire, au moment d'un deuxième tour opposant Jean-Marie Le Pen à Jacques Chirac. Pourquoi ne serait-il pas valide en 2017, dans ce deuxième tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Marcron ? Est-ce que la fille est moins dangereuse que le père ? Est-ce que Macron est plus à droite que Chirac ? Ou est-ce que la LCR de 2002 manquait de fibre révolutionnaire ? 

lundi 1 mai 2017

Voter Macron contre Le Pen le 7 mai, Dire non au désastre, par Edwy Plenel (Mediapart.fr)

Contre Le Pen, nous voterons Macron le 7 mai. Ce ne sera pas pour approuver son programme mais pour défendre la démocratie comme espace de libre contestation, y compris face aux politiques du candidat d’En Marche!. Tandis qu’avec l’extrême droite identitaire et autoritaire, la remise en cause de ce droit fondamental est assurée.

Voter contre Le Pen en votant Macron, ce n’est pas voter pour le programme de ce dernier. C’est oter pour défendre la démocratie comme espace conflictuel, traversé d’intérêts divergents et de causes concurrentes, où peuvent s’exprimer librement ses contradictions, son pluralisme, sa diversité, ses revendications et ses espoirs, y compris face aux politiques d’une présidence Macron.

1er mai : plus de 7000 manifestant-es en Loire-Atalntique

Après un meeting intersyndical CGT, FO, FSU et Solidaires, plus de 6000 personnes ont manifesté dans les rues de Nantes à l’appel des syndicats CGT, FSU et Solidaires et de nombreuses associations et partis politiques, derrière une banderole affirmant « En finir avec les reculs sociaux qui font le terreau de l’extrême-droite ».

A Saint-Nazaire, elles et ils étaient près d’un millier.

A Nantes, les militant-es d’Ensemble ont distribué un tract titré « Le 7 mai, on dégage Le Pen, dès le 8 mai, on s’occupe de Macron » et affirmant « Utiliser le vote Macron pour faire barrage à le Pen ce n’est pas croire que Macron devient un allié, ce n’est pas une adhésion, c’est une nécessité vitale » avant de défiler.

dimanche 30 avril 2017

À nos amis de gauche qui deviennent fous, par Michel Broué

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde
(Brice Parain, ami d'Albert Camus) 

Ce titre (« À nos amis de gauche qui deviennent fous ») est celui d'un article paru dans Le Monde du 18 avril 2002. Je trouvais « fous » ceux qui se préparaient à disperser leurs voix plutôt que de se concentrer sur le vote Jospin. 

Aujourd'hui la « folie » dont je parle n'est pas de même nature. On devient fou de déception, fou d'incertitude, voire fou d'inquiétude. Et aussi, fou de devoir encore et encore voter « contre », fou de se demander si « être contre » nécessite ce vote crève-cœur.

samedi 29 avril 2017

Nantes, un bastion socialiste partagé entre les votes Macron et Mélenchon, par Christophe Batardy et Jean Rivière

Nous vous invitons à lire ci-dessous une analyse du vote à Nantes publié sur le site Metropolitique.

Quelques jours après le premier tour de la présidentielle, deux géographes proposent une première analyse des dynamiques électorales à Nantes. Dans ce laboratoire du socialisme municipal, si les votes au centre et à gauche dominent la scène locale, ils dessinent également des lignes de partage que les vifs conflits locaux suscités par le quinquennat Hollande ont contribué à structurer.

vendredi 28 avril 2017

Le supplice Macron, par Laurent Mauduit (Mediapart.fr)

L'appel au vote Macron fonctionne comme un supplice chinois. Car le candidat d’En Marche a l’insupportable talent d’alimenter, chaque jour un peu plus, les raisons que l’on aurait de ne surtout pas voter pour lui, tellement il incarne un projet de régression sociale. Et chaque jour un peu plus, il donne du crédit à la possibilité d'une catastrophe démocratique. Ce qu'il faut à tout prix éviter. 

Pour quiconque a des valeurs ancrées à gauche et rêve d’une République démocratique et sociale, le vote Macron fonctionne comme un supplice chinois. Car le candidat d’En Marche a l’insupportable talent d’alimenter, chaque jour un peu plus, les raisons que l’on aurait de ne surtout pas voter pour lui, tellement il incarne un projet de régression sociale, tellement aussi il symbolise ce système oligarchique français qui anémie notre démocratie. Mais c’est comme une terrible et implacable fatalité : le rejet légitime que suscite cette candidature, l’aversion quasi-viscérale qu’elle engendre dans ce qui reste du « peuple de gauche » rend aussi chaque jour un peu plus possible l’insupportable perspective d’une victoire de la candidate néo-fasciste du Front national.

Le grand chambardement, par Denis Sieffert (Politis)

On aurait tort de croire que la fuite des dirigeants socialistes vers Macron relevait seulement de la trahison ; elle opérait une recomposition amorcée depuis longtemps dans les esprits. 

En apparence, les leçons de ce premier tour de présidentielle sont simples. En haut de l’affiche, au rang des vainqueurs, figurent évidemment les deux finalistes. La candidate du Front national, et un homme, Emmanuel Macron, heureux bénéficiaire d’un concours de circonstances. 

Il y faut ajouter un troisième nom, à nos yeux tout aussi évident, celui de Jean-Luc Mélenchon. Sa défaite électorale est une incontestable victoire politique. Toute recomposition à gauche devra nécessairement passer par lui. 

jeudi 27 avril 2017

Redire la vérité sur le Front National, par Regards.fr

Alors que la confusion se répand dans cet entre-deux tours, il faut rappeler la vraie nature du FN. Et, avant de mener l’opposition à Macron, faire en sorte que le refus absolu de l’extrême droite l’emporte le 7 mai, le plus largement possible. 

Marine Le Pen est arrivée au second tour de l’élection présidentielle et elle est en tête dans plus de la moitié des villes de France. Elle réunit un record de suffrages : 7,7 millions d’électeurs se sont portés sur son nom. Elle a engrangé deux millions de voix supplémentaires durant le quinquennat Hollande-Valls. 

Pour une fois, le Front national a trouvé une vraie opposition dans le projet d’un autre "grand candidat". Jean-Luc Mélenchon a poursuivi son engagement de tout temps contre le FN. Il a su le contrer en parlant au cœur et à la raison par la qualité de ses arguments, la cohérence et l’espoir humaniste de son propos. 

mercredi 26 avril 2017

Mélenchon à 19,5 %, un tremplin pour demain, par François Ruffin

19,5 %, c’est excellent. Hourra au candidat. Bravo à son équipe. Désormais, nous sommes la gauche ! Pas « la gauche de la gauche », pas « la gauche radicale », encore moins « l’extrême gauche », « la gauche » tout court, toute simple, simplement parce que nous n’avons pas dérivé sur le radeau des naufragés de la pensée, entraîné par les seuls courants du marché, de la mondialisation, du conformisme. 

Je l’écrivais par avance, la semaine dernière : « Notre gauche à 15, 16, 17 %, c’est déjà énorme. C’est déjà plus que, avouons-le, je ne croyais, je n’espérais. Quoi qu’il advienne, second tour ou pas, troisième place ou pas, Jean-Luc Mélenchon a remis notre gauche debout, sur les rails, prête à affronter les puissances d’argent, l’Europe des marchands, plaçant en son cœur l’environnement.

lundi 24 avril 2017

Changer pour ne rien changer ? Mais battre l'extrême droite, par Noël Mamère

L’élection présidentielle est décidément la « mère des batailles ». Contrairement aux pronostics, elle est toujours celle qui mobilise le plus. L’abstention n’est pas en hausse. Les affaires n’ont pas dégouté les Français. Mais elle est en même temps, le triangle des Bermudes des illusions perdues. 

Après un quinquennat, où l‘ennemi était censé être la finance, voilà qu’un représentant de cette même finance va être élu Président. Ce triomphe de la maxime du Comte de Lampedusa : «Tout changer pour ne rien changer» a quelque chose de désespérant. Pour ma part, ayant vécu, en première ligne, le 21 avril 2002, je suis abasourdi par ce nouvel échec de la démocratie, mais, comme au soir de cette funeste journée, j’appelle à voter Emmanuel Macron pour faire barrage à l’extrême droite encore plus forte qu’il y a quinze ans. Face à une telle situation, il n’y a pas d’hésitation possible et pas besoin d’attendre je ne sais quelle « consultation » des électeurs. Quand l’urgence démocratique est là, on répond aussitôt présent. Mais ce premier tour n’est pas seulement un mauvais remake d’il y a 15 ans ; il pose aussi les bases d’un bouleversement politique historique :