lundi 30 novembre 2015

"Nous manifesterons pendant l'état d'urgence". L'appel des 58.


L’interdiction de manifester met en cause la liberté d'expression, d’opinion, et fait le jeu des ennemis de la démocratie et de la liberté. 

Suite à la manifestation de solidarité avec les migrantEs de dimanche 22 novembre à Paris, 58 personnes ont été identifiées par la police. Il leur est reproché « la violation de l’arrêté d’interdiction de manifester ». 

Moins de 48H plus tard, des forces de police ont été mobilisées pour amener à leur domicile des convocations et mener les auditions. Les poursuites sont lancées. 

dimanche 29 novembre 2015

S’opposer à l’état d’urgence, par Laurent Lévy et Marie-Pierre Toubhans




Mercredi 24 novembre, Bernard Cazeneuve, s’est engagé à envoyer une circulaire aux préfets « pour que ces perquisitions se fassent, même si on est dans un état d’urgence, dans le respect du droit ».
Cet engagement du ministre de l'intérieur pourrait sembler surprenant : les préfets ont-ils besoin d'une circulaire particulière pour leur rappeler qu'ils doivent respecter la loi ? Doit-on penser qu'ils ont coutume d'outrepasser leurs droits ? Mais au delà de cet aspect comique, le sens de cette annonce est toutefois autre, et s'il vise à rassurer l'opinion publique sur le fait que l'état d'urgence n'est pas le contraire de l'état de droit, il masque une autre réalité : le fait que pour l'essentiel, les perquisitions administratives arbitraires sont désormais parfaitement légales. Les excès auxquels elles ont déjà donné lieu ne sont pas des violations de la loi mais de simples mises en œuvre par les préfets des pouvoirs que leur confère l'état d'urgence. Le problème des perquisitions administratives arbitraires, contrairement à ce que semble dire Bernard Cazeneuve, ce n'est pas leur illégalité. C'est au contraire leur légalité.

samedi 28 novembre 2015

Notre-Dame-des-Landes : la tracto vélo est arrivée à Versailles



Voici la déclaration lue aujourd’hui lors du banquet des convois « Cap sur la cop » sur la place d’armes devant le château de Versailles :

« Salut à tous et toute et merci d’être venus nous accueillir et partager un repas.

Nous sommes partis de Notre Dame des Landes samedi dernier avec 5 tracteurs, un triton, une cabane, une cantine mobile et 200 cyclistes de 1 à 70 ans. Nous roulons aujourd’hui depuis 7 jours. Nous sommes toujours ensemble et plus nombreux qu’au départ. Notre tracto-vélo a été une entité à la fois soudée et riche de sa diversité à l’image du mouvement anti-aéroport.

vendredi 27 novembre 2015

Le poujadisme du drapeau, par Philippe Marlière


Orchestré par un État qui galvaude les valeurs universalistes dont il se réclame pour se précipiter dans la guerre, l’appel à afficher le drapeau tricolore n’est pas l’hommage que méritaient les victimes des attentats. Ce fut orchestré depuis les sommets de l’État : pavoisez de drapeaux tricolores vos fenêtres, prenez des selfies sous ces drapeaux et postez-les sur les réseaux sociaux. 

Imaginons un instant que ce soit le Front national qui ait tenté d’exploiter ainsi les tueries de Paris. Nombreux sont ceux qui auraient crié à la récupération nationale-chauvine, à l’insulte aux morts ou au mauvais goût. Comme c’est un gouvernement socialiste qui est à l’origine de cette indignité, c’est la sidération nationale. 

Mobilisations « Cop 21 » interdites par l'état d'urgence


Alors que la COP21 s’apprête à ouvrir ses travaux, le gouvernement accentue ses mesures visant à empêcher les mobilisations pour sauver le climat. 

Après avoir interdit la marche pour le climat prévue à Paris le 29 novembre, ainsi que celles de Nantes, Rennes et de nombreuses autres villes françaises, l’État assigne à résidence jusqu’au 12 décembre deux militants actifs des luttes écologistes, en particulier contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. 

Après les perquisitions effectuées dans plusieurs lieux et domiciles soupçonnés d’abriter de dangereux contestataires, le gouvernement franchit un pas supplémentaire dans sa politique d’intimidation et de répression, illustrant à quel point l’État d’urgence nous prive de nos libertés les plus fondamentales. 

mercredi 25 novembre 2015

Face au djihadisme, que serait une réponse de gauche ?, par Clémentine Autain


 
Les attentats ont plongé le pays dans une émotion légitime et suscité le besoin d’affirmer notre unité. Mais chacun sait que les réponses, multiples, pour lutter contre le djihadisme sont de nature politique. Et qu’elles doivent préserver la démocratie.


Force est de constater que les thèses du FN ont le vent en poupe. À gauche, ne pas céder aux sirènes d’une voie guerrière, autoritaire et sécuritaire est une exigence intellectuelle et politique. Nous avons la responsabilité de ne pas faire sombrer la perspective d’une vie meilleure et d’un monde de paix dans les décombres des attentats.

Pour sauver le climat, changeons de système : marche citoyenne à Nantes samedi 28 novembre, 14h Miroir d'eau


Alerte sur le climat 

Les activités humaines émettent des gaz à effet de serre (GES) qui dérèglent le climat : 

• augmentation des températures, canicules et hausse du niveau de la mer, 

• risques accrus de tempêtes, typhons, inondations, 

• menaces sur l’agriculture et la biodiversité, 

Macron : le "terreau" du djihadisme et le fumier du libéralisme, par Jerôme Latta (Regards)


S’exprimant sur les attentats de Paris et les racines du terrorisme, le ministre de l’Économie n’a pas pu s’empêcher de réciter son bréviaire libéral, sans en percevoir l’inanité – en pareilles circonstances et pour un tel sujet.

Huit jours : c’est le temps qu’il aura fallu à Emmanuel Macron pour livrer son analyse des attentats. Le temps a peut-être semblé long à un ministre perfusé à l’omniprésence médiatique. Rappelons qu’il figurait à la une du Monde daté du 13 novembre, sous le bandeau "Enquête sur la start-up Macron" tandis qu’en pages intérieures, le quotidien allait jusqu’à titrer ladite enquête "Le fantasme Macron" et à affirmer que « le ministre de l’Économie incarne un rêve dans la déshérence de la gauche ». 

Va-t-en-guerre, par Sébastien Budgen


Il est peut-être temps de prendre suffisamment de recul pour admirer le génie de la stratégie antiterroriste occidentale, évidemment marquée par sa grande cohérence stratégique et tactique.

1) Combattre les assassinats aveugles et les tirs contre des civils par des assassinats aveugles et des tirs contre des civils ;

2) Combattre les atteintes aux droits démocratiques et aux libertés publiques par des atteintes aux droits démocratiques et aux libertés publiques ;

mardi 24 novembre 2015

« Soyons des va-t-en-paix ! », par Clémentine Autain


Nous sommes sur une terrasse à Paris, en concert au Bataclan, au Stade de France à Saint-Denis. Face à la barbarie qui a frappé aveuglément, la compassion, la tristesse, l’amour de la vie nous relie. Fidèle à son sens étymologique, l’émotion nous met en mouvement. Mais dans quelle direction ? Quels choix politiques nous permettront d’anéantir Daech ? 

L’heure est venue de tirer les leçons de quinze ans d’inefficacité politique à combattre l’intégrisme islamique et le terrorisme. Designer notre horizon est le seul moyen de déployer une stratégie efficace. 

dimanche 22 novembre 2015

Manifeste pour la sauvegarde des terres agricoles en voie d’épuisement, de bétonnage et d’accaparement

Ce manifeste, cosigné par Ensemble! 44, a été lancé par un regroupement d’acteurs issus de la société civile à l’occasion de la « Journée mondiale des sols » du 5 décembre 2015, de l’année 2015 déclarée « Année internationale des sols » par la FAO et de la « Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques » de Paris (décembre 2015).

Les menaces auxquelles nous devons faire face 

Les terres agricoles sont soumises à deux facteurs combinés de détérioration physique :

Les attentats du 13 novembre à Paris : la terreur de l’Etat islamique, l’état d’urgence en France, nos responsabilités, par Pierre Rousset et François Sabado


 
Solidarité avec les victimes !

Les 13 novembre constitue un changement dans la situation politique nationale et internationale. L’Etat islamique (EI, Daesh) a encore frappé ; et plus fort encore. En janvier, les cibles étaient les journalistes de Charlie Hebdo, la police et les juifs. Cette fois-ci, c’est la jeunesse du pays qui est visée. Ils n’ont pas tué n’importe où et n’importe qui : ils se sont attaqué aux jeunes, à la jeunesse sous toutes ses couleurs, quelque soient ses origines, ses religions (ou absence de religion), ses opinions politiques. Au moins 130 morts, plus de 350 blessés – un millier au bas mot de témoins directs du carnage. Beaucoup d’entre nous ont des proches parmi les victimes et, sinon, nous avons des amis qui en ont. L’onde de choc, l’émotion, est profonde.

La gauche «est en train de sombrer dans la spirale du tout sécuritaire». Entretien avec Noël Mamère


Noël Mamère est l’un des six députés (dont trois écologistes et trois PS) à avoir voté contre la prolongation de trois mois de l’état d’urgence, le jeudi 19 novembre 2015 à l’Assemblée nationale française. Rue89 

Pourquoi s’opposer au gouvernement sur l’état d’urgence ? 

Noël Mamère: La prolongation de l’état d’urgence est accompagnée d’une profonde réforme de la loi de 1955 encore plus attentatoire à nos libertés, comme l’élargissement des assignations à résidence ou le recours à la justice administrative. Ce recul historique de la gauche, en train de sombrer dans une spirale tout sécuritaire, va être confirmé par une réforme constitutionnelle aussi floue que dangereuse pour nos droits fondamentaux.

samedi 21 novembre 2015

La démocratie n’est pas la guerre, par Edwy Plenel


Le débat sur l’état d’urgence est une question d’efficacité : quelle est la bonne riposte au défi totalitaire de l’État islamique ? La surenchère sécuritaire de la présidence Hollande est une réponse de court terme, inspirée par l’immédiateté politicienne plutôt que par le souci de solutions durables. Concédant à l’adversaire une victoire symbolique, elle désarme notre société autant qu’elle la protège, mettant en péril nos libertés individuelles et nos droits collectifs. 

vendredi 20 novembre 2015

Nous ne céderons pas ! - appel unitaire


Ceux qui ont fait subir à Paris et à Saint Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais nous refusons qu’il devienne un prétexte pour changer nos vies. 

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Ceci ne justifie pas la direction prise par le président de la République et le gouvernement.