lundi 7 septembre 2015

Migrants : «Nous sommes exaspérés par l’inertie de nos décideurs politiques», tribune inter-associative


Face à l’ampleur de la crise et au drame humain, les principales associations caritatives françaises demandent aux pouvoirs publics de se mobiliser pour accueillir davantage de réfugiés. 

La photo d’un enfant syrien mort noyé et retrouvé sur une plage turque mercredi 2 septembre a fait le tour du monde. Suffira-t-elle à réveiller nos représentants politiques et à impulser une stratégie commune pour faciliter l’accueil des réfugiés en Europe ? 
Nous, associations françaises, sommes épouvantées par l’ampleur de la catastrophe humanitaire qui se déroule en Europe et exaspérées par l’inertie de nos décideurs politiques. Nous pourrions nous étendre sur l’importance des besoins humanitaires face à l’arrivée de plus de 350 000 personnes en Europe fuyant les conflits ou l’oppression depuis le début de l’année 2015. Mais cela fait plusieurs années maintenant que nous alertons les décideurs à coups de courriers privés, appels dans les médias, réunions avec les ministères et de consultations internationales. 
Assez de mots, ce que nous voulons maintenant ce sont des actes !
Que nous faudra-t-il entreprendre pour être enfin entendus des pouvoirs publics et de la société ? Devrons-nous descendre dans la rue pour qu’enfin notre gouvernement prenne le problème à bras-le-corps et adopte des solutions durables et dignes des valeurs de la République ?
Le manque de volonté politique tue des hommes, des femmes et des enfants. Les faits sont là : plus de 2 600 personnes sont mortes noyées en Méditerranée depuis janvier 2015 en essayant de rejoindre l’Europe selon l’Office international des migrations.
La solidarité imprègne les discours officiels mais tarde à se concrétiser clairement dans nos politiques publiques. Face à la montée des extrêmes dans notre pays, ne perdons pas le combat des valeurs. Il est temps de mettre en œuvre cette solidarité en accueillant davantage de réfugiés sur notre territoire, à l’image de pays comme l’Allemagne ou la Suède. 
Comment se peut-il que la France soit l’un des pays d’Europe qui accueille le moins de demandeurs d’asile alors que nous sommes la 6e puissance économique mondiale ? Face à ce drame humain, nous devons tous prendre nos responsabilités. 
La France doit se mobiliser rapidement pour accueillir ces personnes en quête de protection.
 
Signataires :
 
Stéphanie Rivoal, présidente d’Action contre la faim
Marie-Pierre Caley, directrice générale d’Acted
Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International
Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde
Philippe Lévêque, directeur général de Care France
Guy Aurenche, président de CCFD-Terre Solidaire
Philippe Jahshan, président de Coordination SUD
Bernard Salamand, président de la Crid
Thierry Kuhn, président d’Emmaüs France
Emmanuel Poilane, directeur de la fondation Danielle-Mitterrand-France-Libertés
Khady Sakho Niang, présidente du Forim
Manuel Patrouillard, directeur général fédéral de Handicap International
Rinà Rajaonary, présidente de Jeunesse ouvrière chrétienne
Geneviève Jacques, présidente de la Cimade
Françoise Sivignon, présidente de Médecins du monde
Véronique Fayet, présidente du Secours catholique Caritas-France
Rachid Lahlou, président-fondateur du Secours islamique-France
Patrick Verbruggen, directeur de Triangle génération humanitaire


cette tribune a été publiée dans le quotidien Libération.

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