Dire qu’on veut gouverner « sans tabou », c’est assumer de passer les bornes. Et dès lors... ?
C’est un leitmotiv de ceux qui sont actuellement au pouvoir, du président de la République aux membres du gouvernement en passant par les parlementaires UMP : il faut, disent-ils, dépasser les clivages droite/gauche, traiter les problèmes « sans idéologie ».« Nous poser les questions sans tabou », a martelé Nicolas Sarkozy dans son discours de Grenoble du 30 juillet dernier, discours qui sans doute fera date, comme fait date le discours de Dakar de juillet 2007 du même N. Sarkozy sur « l’homme africain » qui ne serait « pas assez entré dans l’Histoire »... Car derrière le « sans tabou », comment ne pas voir que c’est un projet idéologique cohérent qui s’élabore à la faveur de « la Crise » ? Un projet qui divise en instaurant de la méfiance de tous envers tous, et sape ainsi les principes mêmes de la vie en société.
Tous, dès lors, nous sommes concernés. Après les jeunes « tous des racailles », les immigrés « tous des délinquants », les délinquants « tous des multirécidivistes », les Roms « tous des fraudeurs du fisc », qui sera le prochain visé ?












