jeudi 12 janvier 2017

La gauche doit poursuivre trois objectifs en Europe. Texte collectif par le réseau européen EReNSEP).

25 personnes (chercheurs et responsables politiques de France, Grèce, Espagne, Allemagne, Italie et Belgique) signent un texte collectif, suite à la conférence internationale «La France et l’Europe après le Brexit» organisée à Paris, les 2 et 3 décembre 2016, par le réseau européen EReNSEP.

L’Europe est entrée dans une phase critique. L’Union économique et monétaire (UEM) a manifestement et irrévocablement échoué, les économies de la périphérie subissent une crise sévère, et les économies du centre stagnent. La monnaie unique est devenue un instrument du capitalisme allemand pour instaurer une politique économique mercantiliste au moyen du dumping des salaires, et pour dicter – avec le soutien des autres économies du centre de l’UEM – des « réformes structurelles » qui provoquent la stagnation économique, la pauvreté et le chômage. 

Jean-Luc Mélenchon, le Mans le 11 janvier, la Sécurité Sociale


mardi 10 janvier 2017

Face à la contamination UBER : quel antivirus ?, par Jean-Claude Mamet

Les conflits du travail des chauffeurs Uber ou VTC et des chauffeurs de taxis posent de redoutables problèmes de positionnement pour le syndicalisme, liés à la définition même du travail, du salariat, du Code du travail, et maintenant du Code commercial.

Le 15 décembre 2016, les chauffeurs VTC (Véhicule de transport avec chauffeur) liés à la plate-forme Uber se sont mobilisés fortement contre les dérives de leur employeur « de fait ». Mille d’entre eux ont bloqué l’autoroute vers Roissy-Charles de Gaulle, et partiellement le périphérique. Ils ont été reçu au ministère des transports, mais le conflit n’est pas terminé : des négociations sont théoriquement prévues avant le 31 janvier 2017. Cette lutte bienvenue montre que l’univers de travail dans le système Uber est loin d’être idyllique, alors que la communication du groupe étatsunien nous abreuvait jusqu’ici de rêveries sur la liberté du travail indépendant face au vieux système du salariat.

DSK – Nous n’avons décidément rien appris, par Marie Allibert (Femmes Solidaires)



Hier, en prime time sur le service public, a été diffusé un documentaire sur Dominique Strauss-Kahn, son parcours et sa chute. Un documentaire, ou plutôt un panégyrique faisant de cet agresseur sexuel en série un personnage mythique au destin brisé. Dès le début, le ton est donné : les femmes sont à la fois présentées comme celles qui lui ont permis de réussir et celles qui ont causé sa chute. Oui, je dis bien “causé”, comme si elles étaient responsables des crimes dont cet homme a été accusé à plusieurs reprises.

1917 / 2017 : en un siècle, la gauche française n’a toujours rien compris, par Noël Mamère

Il y a un peu plus de cent ans, en 1914, «le court 20ème siècle» commençait par la «Grande Guerre», rebondissait à Saint Pétersbourg en octobre 1917, qui accoucha d’une Révolution mise en mouvement par les laissés-pour-compte de la boucherie des tranchées. (...) Si je rappelle cet épisode, c'est parce que l’année 2017 rassemble les conditions d’une rupture dans le système dont la profondeur est similaire. 

Il y a un peu plus de cent ans, en 1914, « le court 20ème siècle » commençait par la « Grande Guerre », rebondissait à Saint Pétersbourg en octobre 1917, qui accoucha d’une Révolution mise en mouvement par les laissés-pour-compte de la boucherie des tranchées. 

samedi 7 janvier 2017

Emancipation. le devoir d'invention, par Roger Martelli


Nous sommes immergés dans un cycle planétaire de désordres et de violences dont nul ne peut prévoir les développements. Le pire, désormais, ne peut plus être exclu. Les pivots d’une relance vertueuse existent pourtant. Mais leur éparpillement et leur incertitude de projet limitent dangereusement leur mise en mouvement concertée. C’est ce travail de nouvelle articulation qui devrait être au cœur de toute vision stratégique, nationale comme transnationale. Il suppose de faire fonctionner le principe de réalité ; il implique de tourner le dos à un « réalisme » qui évoque trop les tentations de la « guerre froide » et de sa logique des « deux camps ».


En fait, la réalité dans laquelle nous sommes tenus d’agir est trop complexe pour que nous nous accommodions de visions trop simplistes. Pour en prendre la mesure, nous devons tenir compte d’un faisceau de déterminations qui s’entrecroisent, dans une dynamique à ce jour chaotique.

"Que 2017 ne ressemble pas aux années précédentes...". Denis Sieffert présente l'édito de Politis


jeudi 5 janvier 2017

Prends moi pour un poisson rouge, par Jean-Luc Mélenchon

Voici venu le temps du grand plongeon dans l’année de l’élection présidentielle. Certes, à l’heure où je publie ce texte je n’ai toujours pas atteint les 500 signatures. Il m’en manque encore vingt. Je crois que je peux avoir bon espoir. Tout le monde n’en est pas là. Mais le tableau général se précise. Ne reste plus que le PS, qui doit désigner son candidat, et François Bayrou, sans doute, annoncer sa candidature. 

Au PS, c’est chaud. Quatre anciens ministres du président qui a jeté l’éponge réclament pour eux-mêmes une amnistie populaire. Ils comptent sur l’amnésie collective pour la leur accorder. En plus, il faudra donner un euro au PS. Patience. Mais vigilance ! Car les candidats du PS ont tous repris la mauvaise habitude du parler chafouin. Les propositions qu’ils égrènent sont souvent des emballages très trompeurs. Et ce sont une nouvelle fois les salariés et les pauvres qui pourraient être les dindons de la farce. 

Solidarité avec Cedric Herrou et les citoyen-ne-s aidants

Agriculteur dans la vallée de la Roya et membre de l'association « Roya citoyenne », Cédric Herrou est passé en procès devant le tribunal correctionnel de Nice ce 4 janvier. Pour avoir légitimement porté aide, secouru et hébergé des migrant-e-s, ayant traversé à leurs risques et périls la Méditerranée, il encourait 5 ans de prison et 30 000 euros d'amende. La justice lui reproche également d'avoir utilisé un bâtiment de la SNCF pour accueillir les migrant-e-s. 

« Ensemble! » apporte un soutien inconditionnel à Cédric Herrou et à ses camarades de la vallée de la Roya et s'associe aux mobilisations en cours. C'est le procès de la solidarité vis-à-vis de ceux et celles qui ont dû quitter leur pays victimes de guerres et de dictatures. La plus grande vigilance est nécessaire à l'égard des poursuites engagées. 

mardi 3 janvier 2017

Asli Erdogan: «Pour défendre la liberté d’expression nous devons nous unir» (RFI). Le procès est repoussé au 14 mars.

Les oeuvres de la romancière turque Asli Erdogan sont traduites dans une quinzaine de langues. De nombreux écrivains et journalistes avaient répondu à l'appel du quotidien Ozgür Gündem en écrivant dans le journal ou en participant aux comités de rédaction. DR Jeudi 29 décembre, la célèbre romancière Asli Erdogan a été remise en liberté sous contrôle judiciaire après 136 jours en prison. Sa détention avait provoqué une vague d'indignation dans le monde entier. Lundi 2 janvier, son procès se poursuit. L'intellectuelle est accusée d'appartenance à une organisation terroriste pour avoir collaboré au journal prokurde, Ozgür Gündem. RFI a pu joindre Asli Erdogan en Turquie. Propos recueillis par Stefanie Schüler.

Asli Erdogan, jeudi 29 décembre vous avez été libérée sous contrôle judiciaire après 136 jours en détention. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? 

Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce, par Eric Toussaint

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, je fais dix propositions sur la prise de pouvoir par le peuple |1|.


La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, je pense par exemple à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire » parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures anti-sociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique. Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Selon moi, après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

lundi 2 janvier 2017

Le prélèvement à la source ne doit pas défavoriser les femmes !, par Christiane Marty (Fondation Copernic) et Olga Trostiansky (présidente du Laboratoire de l’égalité)

Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, prévu en 2018, a été déjà largement commenté. Ses partisans rappellent que la quasi-totalité des pays occidentaux l’applique déjà et que la France fait office d’exception. Certes. 

Mais la France est aussi l’un des rares pays à avoir l’imposition commune obligatoire pour les couples mariés ou pacsés : passer au prélèvement à la source exige alors une attention particulière pour tenir compte des disparités de revenus entre conjoints. Or cette question est mal résolue dans le projet actuel. 

Rappelons que le taux d’imposition d’un couple est calculé sur la moyenne des deux revenus (le quotient conjugal). Si les conjoints ont des revenus équivalents, l’imposition commune équivaut à l’imposition séparée. Mais si les revenus sont différents, ce système entraîne une surimposition du conjoint au revenu le plus faible (Conseil des prélèvements obligatoires). 

Sobrement, personnellement, simplement : je ne veux pas être complice. Asli Erdogan

Des chroniques mais pas uniquement. Des textes d’une grande force politique mais pas seulement. Une écrivaine dit la répression, les mort-e-s, les ressentis en soi. Plus que des témoignages, une implication directe et exigeante, la poésie et les mots pour le dire. 

« Entre l’impossibilité de partir et celle de rester, je me suis repliée sur moi-même comme un point d’interrogation qui se tord le ventre ». 

Je mets l’accent, en laissant libre cours à ma subjectivité, sur quelques bribes et descriptions. J’espère que les citations choisies inciteront à entrer dans l’univers singulier d’une écrivaine qui ne saurait être réduite à la dénonciation politique des ignominies. 

« Je suis dans l’un des angles mort du destin, un nœud formé de toutes ces routes qui n’en finissent plus de se chevaucher, sans lumière, sans issue et sans retour comme un cercueil » 

Netanyahou se prend une double gifle, par Michael Warschawski

C'est une double claque, l'une plus retentissante que l'autre, que s'attrape Benjamin Netanyahou à la fin de l'année 2016 : la première est l'abstention des Etats-Unis dans un vote du Conseil de Sécurité qui dénonce la colonisation juive en Cisjordanie; il s'agit d'une première, car depuis 1983 les Etats-Unis ont toujours utilisé de leur droit de veto pour faire échouer une initiative qui dénonce la politique israélienne. 

La seconde claque est la déclaration politique du Secrétaire d'Etat John Kerry qui critique dans des termes extrêmement fermes la politique israélienne d'occupation coloniale et met en garde sur ses implications à long terme pour l'avenir d'Israël.