lundi 17 octobre 2016

Révision du SCOT : contribution du CéDpa, collectif d’élu-e-s doutant de la pertinence de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Nous tenons d’abord à dénoncer le simulacre de régularisation que le gouvernement tente par le biais de la révision du SCOT de la Métropole Nantes-Saint-Nazaire pour répondre à l’infraction qui lui a été signifiée par l’Europe sur le sujet de NDDL. 

Nous rappelons que depuis longtemps nous avons signalé que le projet ne respectait pas la directive européenne sur la nécessité d’avoir une évaluation globale de tous les investissements liés à l’aéroport ( tram-train, réseau viaire, ligne grande vitesse, zones d’activités liées). 

Nous avions alerté l’Europe sur le sujet visiblement à raison puisque l’infraction a bien été notifiée à la France en avril 2014 ( infraction 2014/2023). Il est d’ailleurs incroyable alors qu’on ne cesse de parler de transparence et de démocratie participative que, sans l’indiscrétion du Canard Enchaîné (cf article du 9 mars 2016), les échanges entre la France et la commission européenne auraient pu rester secrets. 

Sur les travailleurs détachés, par Hélène Viken (Ensemble!)

Jean-Luc Mélenchon est amateur de formules brèves et percutantes, qui sont sources d’ambiguïtés diverses. La dernière en date concernait les travailleurs détachés, à propos desquels il a expliqué que s’il était président, « plus un travailleur détaché n’entrera dans notre pays ». On peut légitimement s’émouvoir du choix de la formule, dans le contexte idéologique que nous connaissons. Il s’agit là de l’expression d’une stratégie politique que nous ne partageons pas. Et il faut bien le dire, cette recherche fréquente d’une « oreille » populaire dans ce qu’elle a de potentiellement chauvine, ne nous convient pas.

Jean-Luc Mélenchon : discours à la Convention de France Insoumise (16 octobre 2016)


L’empreinte écologique ? – Le jour du dépassement global, ou la Saint Valentin de l’écologie, par Daniel Tanuro

La critique de l’empreinte écologique est presque aussi vieille que le concept. Elle est surtout très pertinente, pour ne pas dire imparable. En effet, de par son mode de calcul, le message diffusé par l’empreinte est le suivant : qu’on consomme moins au Nord et qu’on fasse moins d’enfants au Sud, et une planète nous suffira.

Le projecteur est braqué sur les comportements personnels, indépendamment de toute détermination sociale. 

Quand on sait que la transition démographique est un processus trop lent pour répondre à l’urgence environnementale, et que la superficie forestière nécessaire à l’absorption du CO2 émis par la combustion des combustibles explique plus des deux tiers de l’empreinte (80% dans les pays « développés »), on prend la mesure du biais. 

dimanche 16 octobre 2016

Sylvain Fresneau: «Je suis paysan et zadiste», entretien avec Christophe Gueugneau et Jade Lindgaard, Médiapart.fr

Issu d’une famille d’agriculteurs installée à Notre-Dame-des-Landes depuis cinq générations, Sylvain Fresneau habite chez lui sans droit ni titre à cause du projet d’aéroport. Alors que l’État veut lancer le défrichage de la zone, il livre son témoignage sur la crise du monde agricole.

Une semaine après l’afflux de plusieurs milliers de personnes contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 8 octobre 2016, l’État annonce vouloir démarrer le défrichage du terrain, pour ne pas mettre en péril le processus des expropriations. Sur les 1 650 hectares de terres déclarés d’utilité publique en 2008 pour y ériger l’aérogare et les routes devant y conduire, environ 650 hectares ont fait l’objet de mesures d’expropriation : les propriétaires de ces parcelles, une cinquantaine de personnes, ont refusé de les vendre à Aéroport du Grand Ouest (AGO), la société concessionnaire du projet dans laquelle Vinci est très largement majoritaire. Parmi elles, se trouve Sylvain Fresneau, producteur laitier et figure historique de la lutte contre l'aéroport.

Après un été « chaud » : féminisme et antiracisme, deux combats indissociables !, par Josette Trat

Après les attentats de cet été (Nice, Saint Etienne du Rouvray) et l’hystérie autour des incidents sur la plage de Sisko en Corse (où personne ne portait de burkini [1]), après la déferlante raciste encouragée par les délires des médias dominants et des politiciens racoleurs sur la question du burkini, je suis restée sans voix, n’en croyant pas mes oreilles ! 

Un Premier ministre apportait son soutien à des arrêtés attentatoires aux libertés individuelles fondamentales des femmes de se vêtir comme elles le veulent dans l’espace public, et ceci au nom de l’émancipation des femmes et de la lutte contre le terrorisme ! Un Premier ministre encore osait critiquer l’avis du Conseil d’Etat qui décidait à juste titre d’invalider l’arrêté du maire de Villeneuve-Loubet (Alpes Maritimes) dans la mesure où les atteintes à « l’ordre public » n’étaient en rien avérées et où il mettait en cause des libertés élémentaires garanties par la loi. 

samedi 15 octobre 2016

Albert Camus ou le journalisme comme engagement, par Edwy Plenel

Maître de conférences à l’Université de Bordeaux Montaigne, Maria Santos-Sainz a dirigé de 2006 à 2012 l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine. Elle publie ces jours-ci en Espagne, son pays natal, un essai revigorant sur Albert Camus journaliste. Sollicité pour en écrire la préface, j’ai saisi cette occasion pour défendre notre conception de ce métier comme une forme d’engagement existentiel.

Edité par les éditions Libros.com dans une collection dirigée par le journaliste d’investigation et professeur de journalisme Antonio Rubio (@ARubioCampana sur Twitter), Albert Camus, periodista est en vente sur le site de l’éditeur (c’est ici). 

Pour son lancement, un débat est organisé à Madrid le mercredi 26 octobre à la Fondation Diario Madrid où je vais avoir le plaisir de retrouver, outre son auteur Maria Santos-Sainz (@SantosSainzM), notre ami Jesús Maraña (@jesusmarana), fondateur et directeur d’InfoLibre, le partenaire espagnol de Mediapart. 

En avant-première et en invite à soutenir ce livre, voici donc le texte de ma préface à cet essai plus que bienvenu. 

vendredi 14 octobre 2016

La liberté des femmes. Jalons pour une politique de non-domination masculine, par Philippe Marlière

Les débats sur le port du hijab ou du burkini, la tolérance pour les propos sexistes, la perpétuation des stéréotypes sur la "nature féminine" ou encore la mise sous tutelle de la sexualité féminine poursuivent un même objectif : restreindre la liberté des femmes, interférer de manière autoritaire dans leur choix de vie et perpétuer la domination masculine.

Dans Genre ou liberté. Vers une féminité repensée, la politiste Sophie Heine entreprend de penser la féminité en réfutant les stéréotypes qui maintiennent les femmes dans un état de dépendance et de domination : l’empathie, la maternité, la beauté, la sexualité, la douceur et la rivalité. Chacune des représentations stéréotypées fait l’objet d’un chapitre qui repose sur le triptyque suivant : 1) objectivation du stéréotype ; 2) réfutation du stéréotype ; 3) riposte féministe aux situations de domination masculine. Chaque analyse critique des stéréotypes offre des scénarios pratiques de mise en échec ou, à tout le moins, de neutralisation des comportements sexistes.

jeudi 13 octobre 2016

« Il faut construire le syndicalisme de demain ». Entretien avec Eric Beynel, porte-parole de Solidaires

Pourquoi le mouvement du printemps n’a-t-il pas réussi à faire plier le gouvernement ? En quoi a-t-il cependant fait bouger les lignes, et interrogé l’action syndicale ? Interview d’Éric Beynel, porte-parole du syndicat Solidaires.

Éric Beynel est porte-parole de l’Union syndicale Solidaires qui regroupe, par exemple, les fédérations Sud-PTT, Sud-Rail, Sud éducation, Sud Santé Sociaux, ou encore Solidaires étudiant.e.s. En compagnie de six autres organisations, Solidaires a fait partie de l’intersyndicale contre le loi travail durant toute la durée du mouvement social.

Regards. Depuis la manifestation du 15 septembre, nous n’avons plus de nouvelles de l’intersyndicale. Y a-t-il encore des perspectives de mobilisation commune ?

Ken Loach : Daniel Blake, Léon Trotsky, Jeremy Corbyn, le cinéma… Entretien



A l’occasion de la sortie en Grande-Bretagne – et aussi en France - de son dernier film (Moi, Daniel Blake) qui a reçu la Palme d’or à Cannes, le cinéaste Ken Loach a donné une interview au site Counterfire, un site important de la gauche révolutionnaire britannique.

Ken Loach parle de son film, du cinéma, de ses méthodes de travail… Mais aussi de ses références politiques (marxistes-révolutionnaires) et du phénomène politique que représente l’élection – et la réélection – de Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste. On rappelle que Ken Loach a été à l’initiative de la création, en novembre 2013, de Left Unity, une nouvelle organisation de la gauche radicale ouverte.
Les questions sont de John Rees, le principal animateur de Counterfire, la traduction (et les notes explicatives) de François Coustal.

mercredi 12 octobre 2016

Stop aux accords de libre-échange (TAFTA et CETA). rassemblement samedi 15 octobre à Nantes, 15h

Moins médiatisé que le TAFTA, l'accord de libre-échange entre l'Union Européenne et les USA, le CETA ( accord UE-Canada) est sur le point d'être définitivement signé au nom des 28 membres de l'UE. 

Les déclarations de l'Allemagne puis de la France qui assuraient que les négociations sur le TAFTA étaient au point mort, sont clairement une stratégie pour mieux adopter le CETA, qui n'est qu'un "clone" du TAFTA, et qui doit être ratifié par le Conseil des ministres européens le 18 Octobre. 

En réalité, les négociations TAFTA ne sont pas arrêtées mais marquent seulement une pause, certainement en attendant la fin des échéances électorales, des 2 côtés de l'Atlantique. 

mardi 11 octobre 2016

Notre-Dame-des-Landes : écoutez Royal, pas Retailleau et Grosvalet !

Interrogée lundi soir sur I télé, Ségolène Royal, ministre de l’environnement, a déclaré : «Non, je ne suis pas favorable à l'évacuation par la violence de la Zad. Cela se passerait très mal et ce serait là aussi des violences et des affrontements tout à fait inutiles». 

Cette parole, libre et responsable, amène ce matin le Président Les Républicains de la Région et trois élus PS (Grosvalet, président du Département, Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole et Samzun, maire de Saint-Nazaire et président de l’agglomération nazairienne) à demander ensemble au Président de la République et au Premier Ministre de « recadrer Madame Royal qui ne peut impunément bafouer leur autorité ». 

Notre-Dame-des-Landes : « Nous sommes là, nous serons là ! »

Avec près de 40 000 manifestant-es, la journée de mobilisation du 8 octobre a été un indéniable succès, marquée notamment par une forte présence de jeunes et une vraie visibilité des syndicalistes SUD-Solidaires et CGT. 

Une vraie convergence des luttes, un engagement concret, réel, aux côtés des paysan-nes et des ZADistes menacé-es d’expulsion pour construire un nouvel aéroport aussi inutile au regard de l’existant, l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, que destructeur de terres agricoles et d’un bocage exceptionnel. 

lundi 10 octobre 2016

D'Alep à Sanaa, la guerre permanente, par Noël Mamère

Sommes-nous entrés dans la troisième guerre mondiale ? Cela fait des dizaines d’années que les commentateurs utilisent cette expression, sans qu’aucune réalité ne confirme cette assertion répétée. Ce qui est certain, par contre, c’est que depuis la fin du « camp socialiste » en 1989, il n’y a jamais eu autant de guerres, de basse ou de haute intensité.

De l’ex-Yougoslavie à l’Ukraine, du Moyen Orient à l’Afrique, les guerres sont devenues une des données permanentes de la mondialisation. A la peur de la guerre de masse de 14 - 18, puis de la destruction mutuelle, engendrée par l’arme nucléaire, a succédé la guerre sans fin et sans limites, dont nous sommes tous acteurs et spectateurs, à notre insu. C’est une guerre privatisée, avec des mercenaires employés par des armées nationales, des groupes terroristes ou des grandes compagnies qui remplacent petit à petit les armées classiques. La guerre n’étant plus domestiquée par les Etats, elle devient une guerre civile mondiale larvée.

Il faut unir nos forces pour une alternative à gauche. Appel

Après un quinquennat calamiteux, le pire semble aujourd’hui possible. 

Avec un FN en voie de banalisation. Avec une droite extrêmisée que Hollande et Valls décomplexent. Avec l’autoritarisme du 49.3. Le pire semble aujourd’hui possible. 

Face à la violence des licenciements, du chômage, des CDD à perpétuité, des vies empêchées, ruinées, des campements de migrants évacués sans solution, vouloir imposer «l’identité française», le burkini, l’islam, la nationalité (et sa déchéance) au cœur des débats politiques.