samedi 30 juillet 2011

Bosnie : Jovan Divjak revient en homme libre à Sarajevo


Après cinq mois de résidence surveillée en Autriche, Jovan Divjak est revenu vendredi soir en homme libre à Sarajevo, la ville qu’il a défendu durant le siège des années 1990. Très ému, l’ancien général a participé à un rassemblement organisé par son ONG, « L’éducation construit la paix ». Le Courrier des Balkans l’a rencontré.


Jovan Divjak est arrivé devant le Dom Mladih, la « Maison des Jeunes » de Sarajevo, vers 17H30. Tout le monde l’attendait une heure plus tard, et son arrivée a été une surprise pour les quelques centaines de personnes déjà pésentes dans l’amphithéâtre. En effet, pour rentrer à Sarajevo, il n’a pas pris un vol de ligne, mais utilisé l’avion privé que Sanela Jenkins, une actrice d’origine bosnienne, a mis à sa disposition.



L’ancien général, héros de la résistance à Sarajevo, semble très ému devant les dizaines de personnes qui sont venues pour lui dire « Dobro došli, čika Jovo », « bienvenu, oncle Jovo », comme tout le monde l’appelle ici.


Il parle avec tous, il est très disponible et poli. « Jovan Divjak est un galant homme », c’est ce qu’on répète partout. Et il préfère parler français plutôt qu’anglais. Il a déclaré au Courrier des Balkans qu’il était « très heureux d’être à nouveau un homme libre. Cette décision, comme dans le cas d’Ejup Ganic l’été dernier, démontre que la justice peut triompher en Bosnie-Herzégovine. C’est une défaite pour ceux qui voulait mettre sur un pied d’égalité les criminels qui ont agressé notre pays et les combattants qui l’ont défendu. Nous avons bien démontré que, dans l’affaire de la rue Dobrovoljačka, nous étions innocents. Nous sommes innocents parce que nous n’avons pas cessé de répéter de ne pas tirer sur les soldats de la JNA » (lire notre article « Affaire Divjak : la vérité sur les événements des 2 et 3 mai 1992 à Sarajevo »).


Pendant une heure, « oncle Jovo » répond aux questions des journaux et des télévisions, prend des photos, rencontre des amis et surtout les jeunes qui ont bénéficié de l’action de son association dans le passé. Quelqu’un lui donne un café espresso, qu’il refuse : « ce n’est pas un café bosnien ». Il montre son passeport à la page où la douane autrichienne a marqué la date de son arrivée à Vienne, le même jour de son arrestation : le 3 mars dernier. Jovan Divjak a l’air d’une personne qui a résisté à une épreuve très difficile, et qui vit maintenant le soulagement d’un cauchemar terminé.


Sur la scène, l’ancien général pose à coté d’une grande écrite qui mêle son diminutif au nom de la ville qu’il aime et qu’il a défendu : « Sarajovo ». La même inscriptioni est reproduite sur les t-shirts de ses partisans. L’affiche porte aussi les slogans : « Mort au fascisme et au néo-fascisme, liberté pour la République de Bosnie-Herzégovine ! »


Pendant son discours, Jovan Divjak appelle à son coté les jeunes de son association. Comme s’il voulait souligner son effort pour continuer aider cette ville à l’avenir. « Qu’est-ce que je ferai demain ? - Je reprendrai ma vie normale : je me promènerai dans les rues, je rencontrerai les habitants de Sarajevo et je prendrai le café avec eux ».


« Ovo je Bosna », s’est-il exclamé en conclusion à son discours : « c’est ça, la Bosnie ».

Cet article est repris du site d'information le Courrier des Balkans http://balkans.courriers.info/ qu'anime notre ami Jean-Arnault Derens.

Rappelons qu'avec beaucoup d'autres forces démocratiques, les Alternatifs 44 s'étaient mobilisés pour la libération de Jovan Divjak (lire notre article du 10 mars 2011). Et que nous n'avons jamais oublié la conférence qu'il a donné à Nantes.

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