jeudi 28 juin 2012

De Rio à Paris : l’écologie en jachère ? par Jean-Jacques Boislaroussie, porte-parole des Alternatifs



A Rio, les dirigeants politiques et représentants des forces économiques ont a peine tenté de donner le change. Les exigences de la finance globale ont été satisfaites : aucun engagement sérieux dans le sens de la transition écologique, pas la moindre remise en cause de la "croissance" (capitaliste). En revanche, la dynamique de l’économie verte, nouveau front pionnier du capitalisme financiarisé, est prise en compte. A Paris, à une échelle certes plus dérisoire, la digestion du parti Vert par l’institutionnalisation s’achève.

Le chantier d’une écologie alternative au capitalisme est devant nous. A Rio, le sommet des peuples s’est prononcé contre une pseudo économie verte faisant de la nature le terrain d’une nouvelle mutation du capitalisme et “pour la garantie d’une série de droits humains et de la nature" , et appelé à une alternative à l’échelle de la planète.
Ici, comme ailleurs, le combat passe par la déconstruction d’une vision a-critique de la croissance : une croissance infinie dans un monde fini n’est ni possible ni souhaitable. Il passe aussi par la mise en cohérence d’un projet autogestionnaire, social, écologique. 

Une nouvelle répartition des richesses, la poursuite du combat historique du mouvement ouvrier pour la réduction du temps de travail, de nouveaux droits sociaux et démocratiques doivent être des objectifs communs à toute la vraie gauche. 
Mais la critique antiproductiviste et les propositions alternatives doivent porter plus loin. 
Le mouvement politique rouge et vert que nous voulons contribuer a faire émerger devra à la fois porter la question du "qui décide ?", dans une démarche autogestionnaire, et celle des finalités de l’économie.
La transition écologique nécessite des droits nouveaux pour les salariéEs, notamment en termes de garantie de l’emploi et du revenu. C’est une condition majeure pour engager la reconversion sociale et écologique de l’économie. Une telle reconversion nécessite aussi de rompre avec l’aliénation consumériste, et, comme le propose la Fondation Copernic, de produire en tenant compte d impératifs nouveaux. Impératif de durabilité -en mettant fin à l’obsolescence programmée-, impératif de réduction massive de l"empreinte écologique des activités productives, et nécessité d’une standardisation et d’une "réparabilité" des produits, afin d’éviter les gaspillages.
Le chemin est difficile : l’urgence sociale n’est pas contournable, et elle a largement dominé les campagnes électorales de la gauche de gauche. Mais la facilité serait d’y répondre par les vieilles recettes : relance de droite, de gauche, voire d’extrême gauche ? Partager autrement le gâteau, même si il est empoisonné ?
Notre perspective nécessite la remise en cause d’un héritage mortifère du capitalisme, de l’élevage industriel au commerce des armes de guerre en passant par le nucléaire. 
Alternatif au capitalisme sur tous les terrains, sociaux, écologiques, démocratiques : tel est le projet.

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