"Nous ne sommes pas du côté de la loi, mais de celui de la révolte !" Asli Erdogan
mardi 10 mai 2016
Affaire Baupin : la violence sexiste est forte en politique. Elle fait partie du quotidien, par Clémentine Autain
Le mouvement de libération de la parole des femmes victimes de violences sexuelles est en marche. L’enquête de Mediapart, en partenariat avec France Inter, brise une nouvelle fois le silence avec la mise en cause du député Denis Baupin. Les huit témoignages de femmes ayant subi les assauts sexistes du député sont édifiants. Le caractère collectif de cette dénonciation permet une prise de conscience salutaire.
"L’affaire Baupin" soulève la chape de plomb qui pèse sur la réalité, l’ampleur, les mécanismes du harcèlement et des agressions sexuelles. Elle révèle la prégnance du machisme dans le monde politique. Elle ouvre les yeux sur ce que toutes les femmes qui évoluent dans cet univers de pouvoir savent, connaissent, subissent. Ce n’est pas un hasard si le dernier roman à succès d’Olivier Adam, "La renverse", dépeint un climat politique délétère dans lequel s’imbriquent avidité de pouvoir et violence sexuelle, en toute impunité.
lundi 9 mai 2016
Loi Travail: le 49.3, une arme contre la démocratie, par Noël Mamère
Je ne sais si, in fine, le pouvoir utilisera le 49.3 pour passer en force ou s’il en restera à une menace pour forcer la main aux députés frondeurs. Rappelons que Manuel Valls, avant même que soit connu le contenu effectif de la loi, avait revu une interview de la ministre du travail, à « l’insu de son plein gré », pour faire planer la menace d’utilisation de cette arme constitutionnelle de la monarchie présidentialiste.
PCF : l'ère des incertitudes, par Roger Martelli
En adoptant à une courte majorité le texte de la direction, c’est un Parti communiste aux effectifs réduits et plus divisés qui se présentera à son Congrès dans moins d’un mois. Analyse de ses variations numériques et politiques depuis dix ans.
Les militants
communistes ont voté la semaine passée pour décider du texte qui
servirait de base à la discussion de Congrès de juin prochain. Comme de
coutume, le document proposé par la direction sortante a été choisi par
une majorité de ceux qui se sont prononcés. Mais, cette fois, il n’a
obtenu la majorité absolue que pour quelques centaines de voix.
Une jeunesse sacrifiée et qui le sait, par Guillaume Liégard
Une récente enquête, peu médiatisée, établit l’ampleur de la désespérance politique chez les 18-25 ans. Sentiment d’abandon, progression de l’abstention et des intentions de vote FN : c’est un feu qui couve dans la jeunesse.
C’est une enquête qui aurait mérité de faire la une de tous les grands médias. Réalisée par l’Ifop pour le compte de l’ANACEJ (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes), elle n’a donné lieu qu’à des commentaires sur le volet des intentions de vote des 18-25 ans à la prochaine élection présidentielle.
Notre-Dame-des-Landes : les raisons pour lesquelles l’ACIPA refuse de rencontrer Monsieur Leyrit, président de la Commission Nationale du Débat Public, ce lundi 9 mai
Monsieur le Président,
Comme nous vous en avons informé par courriel vendredi, le bureau de l'ACIPA a décidé de ne pas donner suite à votre proposition de rencontre. Et nous tenons à vous en préciser les raisons.
Nous avons pris part au débat public de 2003, puis à l'enquête publique de 2007 ainsi qu'à l'enquête loi sur l'eau de 2012. A chaque fois, nous avons étudié le dossier, pointé ses insuffisances et ses incohérences, proposé des alternatives. En vain.
dimanche 8 mai 2016
Religions : je persiste et signe, par Michel Warschawski
Même si j’ai porté la kippa pendant les vingt premières années de ma vie et pratiqué tous les commandements de la Torah, y compris les plus futiles, je suis aujourd’hui un athée qui mange à Kippour et adore la côte de porc. A la synagogue je ne vais que pour des fêtes de famille, et mon enterrement se fera hors des rites et des cimetières juifs.
J’ai cependant développé une véritable allergie aux laïcards français. Je spécifie français parce que c’est une maladie typiquement hexagonale, et je ne pense pas qu’en Grande Bretagne, par exemple, il y ait moins d’athées ou d’agnostiques qu’en France, mais ils sont, pour la plupart, exempts de cette haine du religieux.
Eh oui, même si je collabore à Sine Mensuel et aime beaucoup Bob, je suis loin de partager leur haine des religieux.
J’ai cependant développé une véritable allergie aux laïcards français. Je spécifie français parce que c’est une maladie typiquement hexagonale, et je ne pense pas qu’en Grande Bretagne, par exemple, il y ait moins d’athées ou d’agnostiques qu’en France, mais ils sont, pour la plupart, exempts de cette haine du religieux.
Eh oui, même si je collabore à Sine Mensuel et aime beaucoup Bob, je suis loin de partager leur haine des religieux.
vendredi 6 mai 2016
Lettre ouverte à la rédaction du quotidien Ouest-France, par un collectif de sociologues nantais atterrés
L’article intitulé « Comment Nantes Révoltée donne le ton des manifs » paru dans Ouest-France le 3 mai 2016 a profondément choqué de nombreux acteurs du mouvement nantais de protestation contre la réforme du Code du travail (éd. Nantes, p. 9). Il a également courroucé les quelques observateurs qui, comme nous, le suivent avec assiduité, y compris en amont des manifestations elles-mêmes.
En effet, cet article très faiblement étayé par des
faits précis et vérifiés sombre clairement dans la diffamation à plusieurs
reprises.
mercredi 4 mai 2016
Alain Supiot: «La loi El Khomri attise la course au moins-disant social»
Alain Supiot, éminent spécialiste du droit du travail, revient sur le contexte qui a permis à la loi sur le travail de la ministre Myriam El Khomri d'éclore et à la critique du code du travail de prospérer : le calcul économique, devenu l'alpha et l'oméga de la production du droit. « Les hommes ne peuvent être réduits à l’état d’un troupeau productif », rappelle l’artisan du concept « des droits de tirage sociaux ». Entretien.
Alain Supiot a hésité, longuement, avant de nous accorder cet entretien. La peur de rajouter du « bruit »
au bruit. La peur également que l’on ne se focalise sur sa critique
(acerbe) de la loi sur le travail, en dépit de son analyse plus large de
la production du droit, soumise désormais à des impératifs de « calculs économiques », cette « gouvernance par les nombres » détaillée dans l’ouvrage du même nom publié en février 2015. Sauf qu’Alain Supiot est l’artisan en France du concept « des droits de tirage sociaux »,
prémisses de toute une pensée nouvelle sur le travail et la
sécurisation des parcours, dont le compte personnel d’activité contenu
dans la loi El Khomri est un lointain cousin. Et qu’il est l’un des
meilleurs spécialistes du droit social et de la théorie du droit,
juriste au sein de la chaire État social et mondialisation du collège de
France.
Pourquoi il faut interdire le gaz lacrymogène, par Benjamin Birnbaum
Interdit comme arme de guerre, mais pas pour ses usages "civils", le gaz lacrymogène est d’autant plus dangereux qu’il est utilisé de manière irresponsable. Notamment en France, pays exportateur de ce produit et de son savoir-faire répressif…
Alors que la police utilise massivement le gaz lacrymogène à l’encontre les manifestants opposés à la loi travail il convient de s’intéresser de plus près à cette arme.
Un examen dont résulte résulte la nécessité d’interdire largement son usage pour protéger la population. Une mesure qui devrait accompagner la campagne en cours pour l’interdiction du flashball.
mardi 3 mai 2016
Halte aux violences et provocations d’où qu’elles viennent, par les organisations de Loire-Atlantique CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, COORDINATION DES LYCEENS
Le présent communiqué intersyndical n’entend aucunement répondre à la commande ministérielle visant à condamner les violences venant de groupes étrangers aux manifestants contre son projet de loi travail.
Ce gouvernement est le premier responsable de la situation qu’il a lui-même créée. Il l’entretient en ne voulant pas retirer un texte qui aurait pour conséquence inéluctable une dégradation considérable des conditions d’emploi, des salaires et de l’ensemble de la protection sociale dans notre pays.
Le droit de manifester doit être effectivement respecté, par l'Observatoire nantais des libertés dans l’état d’urgence
L’Observatoire nantais des
libertés dans l’état d’urgence communiquait à la veille de la
manifestation du jeudi 28 avril pour dire qu’il y serait présent - comme il l'a
été aux précédentes. II a observé l’exercice des droits et libertés dont le
droit de manifester, dans le contexte particulier de l’état d’urgence où la
police voit ses pouvoirs renforcés.
Préfecture et police ont la double
mission de protéger les personnes et les biens et de faire
respecter les libertés publiques. Le droit de manifester en est une.
Premier mai 2016 : Un appel bienvenu, par Pierre Khalfa (Ensemble!)
Une centaine de responsables associatifs, syndicaux et politiques ainsi qu’un certain nombre d’artistes viennent de lancer un appel intitulé « Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative ».
Cet appel, rendu public le 1er Mai 2016, se situe dans une conjoncture particulière. D’une part, un fort mouvement de contestation d’une loi de régression sociale, la loi travail, est en cours depuis plusieurs semaines. Cette mobilisation sociale, qui avait été précédé par la mise en échec de la constitutionnalisation de la déchéance de nationalité, s’accompagne d’une irruption citoyenne inédite en France avec le mouvement Nuit debout.
lundi 2 mai 2016
Violences policières: un jeu dangereux, par Noël Mamère
L’état d’urgence, que nous combattons depuis le début comme un état d’exception inefficace et attentatoire aux libertés, est en train de créer un climat de peur, alimenté par les violences récurrentes des forces de l’ordre. Elles sont en première ligne, pendant que leurs commanditaires, eux, se réfugient dans une hypocrisie sans limites. Leur seule justification, mais ils n’osent le dire, c’est de faire passer en force une loi rejetée par la société. Le débat qui s’ouvre au Parlement le 3 mai ne doit pas être occulté par cette tentative de détournement.
1er Mai : près de 5000 manifestant-es à Nantes
Après un meeting où se sont exprimés tour à tour UNEF, FSU, FO, Solidaires et CGT, ce sont près de 5000 manifestant-es qui ont défilé ont dans les rues de Nantes pour rejoindre l'esplanade du Château des Ducs.
Nous reproduisons ci-dessous les interventions de trois des porte-parole syndicaux qui illustrent bien les débats actuels dans le mouvement syndical pour mettre en échec le gouvernement et imposer le retrait de la loi travail. Nous y ajouterons les interventions de l'UNEF et de la CGT si elles nous parviennent.
Nous reproduisons ci-dessous les interventions de trois des porte-parole syndicaux qui illustrent bien les débats actuels dans le mouvement syndical pour mettre en échec le gouvernement et imposer le retrait de la loi travail. Nous y ajouterons les interventions de l'UNEF et de la CGT si elles nous parviennent.
"Ensemble, favoriser l’irruption citoyenne pour construire l’alternative". 1er Mai : l'apel des 100
Nous vivons une situation inédite : un capitalisme en crise et pourtant présenté dans le discours dominant comme seul système viable ; une Europe basée sur le libéralisme et éloignée des citoyens ; une crise écologique qui ne trouve pas de solutions à la hauteur ; le développement des tensions internationales et de politiques migratoires mortifères ; une crise globale de la vie politique marquée notamment par la forte montée de l’extrême droite…
Cette situation appelle des réponses nouvelles, le refus de tout fatalisme. Nous sommes convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire.
Cette situation appelle des réponses nouvelles, le refus de tout fatalisme. Nous sommes convaincus de la disponibilité de nombreuses forces et énergies citoyennes pour construire d’autres possibles par la mobilisation populaire.
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